Twitter un outil éducatif dans le cadre scolaire | Cahiers de l'action n°36

Gérard Marquié, chargé d’études et de recherche à l’Institut national de la Jeunesse et de l’Education populaire (INJEP), revient sur les expériences pionnières d’utilisation de Twitter en milieu scolaire. Son analyse s’inscrit dans une observation et une enquête en ligne menées auprès des professionnels.

On peut lire son article en ligne (.pdf) : http://www.injep.fr/IMG/pdf/Pages45-52_CA36.pdf
Et il est aussi possible de se procurer l’intégralité de l’ouvrage : L’information des jeunes sur Internet : observer, accompagner.

Présentation de la publication :

Dans la société moderne, Internet a bouleversé les modes de sociabilité en particulier chez les jeunes. Certes les jeunes sont de férus adeptes des nouvelles technologies de l’information et de la communication, mais ils sont aussi dotés dans ce domaine de compétences hétérogènes. Ce constat a une incidence directe sur la pratique professionnelle de tous ceux qui travaillent avec des jeunes, quel que soit leur domaine.

Que se passe-t-il concrètement lorsque les jeunes cherchent de l’information sur Internet ? Comment s’y prennent-ils ? Comment améliorer la connaissance des professionnels sur ce sujet pour qu’ils puissent mieux accompagner les jeunes dans leurs recherches ?

Cet ouvrage présente les résultats de sept expérimentations mises en place sur des territoires différents et auprès de publics aux profils variés : collégiens en classe de 4e, lycéens en filière professionnelle, informateurs jeunesse, bibliothécaires…

En testant des outils de suivi et d’observation auprès des jeunes mais aussi des professionnels, ces expérimentations permettent de mieux connaître les attentes et les besoins des uns et des autres et ainsi de proposer des actions ou des formations qui répondent concrètement aux enjeux de la recherche d’information sur Internet.

Source : Twitter un outil éducatif dans le cadre scolaire , Cahiers de l’action n°36, L’information des jeunes sur Internet : observer, accompagner , Institut National de la Jeunesse et de l’Education Populaire (Injep).

#Ludovia 2012 : Plaisir d'apprendre et d'enseigner avec le numérique

Grand moment de rencontre des acteurs du numérique éducatif, la 9ème édition de l’Université d’été Ludovia se tiendra de ce lundi 27 au jeudi 30 août à Ax-les-Thermes en plein coeur des Pyrénées Ariégeoises avec comme thème de quoi rendre la rentrée plus suave : « plaisir d’apprendre et d’enseigner avec le numérique ».

A quelques jours de la rentrée scolaire en France, les quelques 650 participants de l’Université d’été Ludovia vont démarrer sur quatre jours un marathon de discussions, présentations de retours d’expériences, démonstrations et fabrication de ressources en direct devant leurs collègues, chercheurs, enseignants, Inspecteurs de l’Education Nationale, Référents Numériques ou encore professeurs stagiaires.

Le site de Ludovia vous permettra de suivre l’événement en direct. Vous avez aussi rendez-vous aussi sur twitter via le hashtag #ludovia2012. Sans oublier, les blogueurs invités qui agrémenteront l’événement de leurs billets : http://www.ludovia.org/2012/presse-et-bloggeurs/

Pour y avoir participé en 2010, c’est un événement à ne pas manquer sur place ou en ligne.

Le site : ludovia 2012.

Auschwitz, symbole de «l’holocauste-tourisme» | Marianne

Auschwitz après le 27 janvier 1945.
Bundesarchiv, B 285 Bild-04413 / Stanislaw Mucha / CC-BY-SA

Le camp d’Auschwitz, en Pologne, serait-il devenu le parfait contre-exemple du travail de mémoire ? C’est ce que soutient Gilbert Casasus, professeur en études européennes, qui met en cause un système de visites guidées où superficiel et compassion dominent, au détriment de l’histoire et de l’information.

Après plus de deux heures de visite, votre patience atteint ses limites. Vous êtes excédé par ce langage officiel, par cette présentation qui omet même d’évoquer l’armée soviétique au profit de la seule armée russe. Alors, vous passez vous-même à l’offensive. Surpris par le nombre de villages ou bourgades environnantes, vous osez poser la question qui fâche, à savoir celle de l’attitude de la population locale durant le Seconde Guerre mondiale. Subitement, le ton monte d’un cran et vous avez droit à la remarque suivante : « que vouliez-vous qu’ils fassent » ? Sur quoi, poli, vous répondez : « donner des informations à la résistance ». Fusillé du regard, on vous rétorque alors un cinglant : « vous avez un autre exemple » !

Pourtant d’autres démarches sont elles exemplaires pour Gilbert Cassus. Il cite à ce propos le travail réalisé par Volkhard Knigge et son équipe sur les lieux du mémorial de Buchenwald ainsi que l’excellent musée consacré à Oskar Schindler sur le terrain même de son ancienne usine par la ville de Cracovie.

Cela doit interroger les enseignants qui souhaitent réaliser un voyage d’études sur de tels lieux comme sur le risque de la compassion et du superficiel d’un tel enseignement.

via Auschwitz, symbole de «l’holocauste-tourisme».

Gilbert Casasus est professeur en études européennes à l’Université de Fribourg, en Suisse.

Mémoire scolaire de l'Holocauste dans le monde | Histoire, Mémoire et Société

Si l’Unesco vient officiellement d’annoncer la mise en place d’un projet d’étude sur l’enseignement de l’Holocaustes dans le monde, certaines orientations de ce projet interrogent Mickaël Bertrand pour que celui-ci atteigne véritablement son objectif.

Ainsi donc, le jeudi 23 août 2012, l’UNESCO a officiellement annoncé la mise en place d’un projet d’étude sur  l’enseignement de l’Holocauste dans le monde.  Le projet vise essentiellement à dresser une cartographie mondiale non seulement des programmes, mais aussi des manuels scolaires sur cette question. Les résultats permettront ainsi d’obtenir des conclusions quantitatives (Quels sont les pays dans lesquels on enseigne l’Holocauste ? Ces pays ont-ils des points communs culturels, religieux, politique, etc. ?) et qualitatives (Enseigne-t-on l’Holocauste de la même façon en France, aux Etats-Unis et en Russie par exemple).

Cependant pour Mickaël Bertrand, le choix du terme « Holocauste » dans la communication officielle du projet n’est pas sans poser problème. Il est notamment révélateur, selon lui, d’une d’une forte prévalence des valeurs et pratiques occidentales dans le cadre d’une organisation internationale censée valoriser le dialogue entre les cultures. En effet, « Holocauste » renvoie à la dénomination qui s’est imposée aux États-Unis.

Le choix d’un terme plus neutre tel celui de « génocide »  ne serait-il pas préférable en la matière?

En définitive, pour Mickaël Bertrand

Le nouveau projet initié par l’UNESCO est donc très intéressant au sens où il va permettre de dresser une cartographie mondiale utile de l’enseignement du génocide des Juifs d’Europe. Il conviendrait cependant que cette organisation internationale nuance sa volonté de promotion de cet évènement historique qui risque d’être interprété comme une imposition des valeurs occidentales à l’échelle mondiale.

A suivre…

Sources :

Les blogs meilleurs que la dissertation

Dans son livre « Now you see it », présenté par le New York Times, Cathy Davidson — qui veut remettre au goût du jour certaines inventions pédagogiques plus anciennes — flingue l’exercice de la dissertation au profit des blogs pédagogiques. Je plussoie. 

Au contraire de la dissertation, les blogs offrent, par exemple, une solution adéquate à la question du plagiat:

«Les blogs destinés aux pairs présentent moins d’erreurs typographiques et factuelles, moins de plagiat, et sont généralement mieux écrits, en prose élégante et plus persuasive, que ne le seront jamais toutes ces dissertations rédigées en classe par les mêmes auteurs »

Comme j’ai déjà eu l’occasion de l’indiquer dans l’affaire détestable de l’enseignant piégeur (Piéger les élèves ou les former avec les médias sociaux? | Chronique no 132):

de tout temps, ces exercices [comme la dissertation] ont plus favorisé la recopie et le couper/coller que le développement de la réflexion autonome des élèves…

Cathy Davidson abonde dans le même sens lorsqu’elle prend le contre-pied de ses collègues, qui se désolent souvent de ce que les étudiants sont globalement «mauvais en dissertation» et qu’elle suppose que c’est la forme de la dissertation, qui est n’est pas adaptée aux étudiants d’aujourd’hui.

De plus elle constate que même ses étudiants les plus réfractaires à l’exercice sont devenus prolixes lorsqu’elle leur a proposé de publier leur écrit sur Internet, de le soumettre à la critique et de le modifier en ligne. Et

«cela vaut pour tout, des commentaires politiques à la photographie en passant par la réalisation de vidéos satiriques.».

Plus largement, Cathy Davidson indique que

« Nous ne pouvons pas continuer à préparer les étudiants à un monde qui n’existe pas. Nous ne pouvons pas ignorer les compétences cognitives redoutables qu’ils développent en apprenant par eux-mêmes.

Et par-dessus tout, nous devons cesser de dénigrer les prouesses numériques, simplement parce que certains d’entre nous, quadragénaires et au-delà, ne parviennent pas à les égaler. Un bras de fer basé sur des rancunes institutionnelles entre les générations peut saboter toute une culture ».

Sur ce je vous souhaite une bonne rentrée des classes.

Source : REGARDS SUR LE NUMERIQUE | L’école de demain pourrait ressembler à celle… d’avant-hier.

Mise à jour (18:13) :

Pour prolonger sur l’utilité des blogs en éducation, je vous propose l’intéressante lecture de cet article récent : What are you writing for? et qui rejoint les observations de Cathy Davidson et mon avis sur l’utilité des blogs en éducation.

Mise à jour (31.08.2012): Le blog, la star du web 2.0 ?

L’avis de Caroline Chanlon en ce vendredi 31 août journée du blog :

«Au départ et je n’apprends rien à personne, le blog était très personnel. De mon point de vue, il avait un côté assez péjoratif, c’était le mauvais côté du web 2.0 qui ressortait : on laissait la parole à des personnes qui n’avaient pas grand chose à dire et qui n’intéressaient pas grand monde. […] Et FB est arrivé ! La finalité du blog est envisageable via un autre support plus simple, plus ergonomique, gratuit.
Je pense que l’explosion des réseaux sociaux a un peu détourné l’utilisation du blog, on a mieux apprécié ses vraies valeurs : produire du contenu (du vrai contenu), le commenter, le partager.
Car aujourd’hui et avec l’utilisation professionnelle que j’en ai, le blog représente pour moi un outil de haute qualité.»

Source : http://blog.educpros.fr/blog/2012/08/31/le-blog-la-star-du-web-20/

Un nouveau manuel d'histoire géographie à la mode ornaise

La couverture du nouveau manuel

Le Conseil général de l’Orne diffusera dès la rentrée un nouveau manuel d’histoire géographie destiné aux élèves des classes de 6ème à la 3ème, scolarisés dans l’Orne. Le manuel s’intitule L’Orne, des territoires, une histoire.

Pour les initiants, il s’agit de présenter un double programme composé du contenu officiel national, ainsi que des thématiques sur l’histoire et la géographie propres à la région. Ces cent quarante-quatre pages permettront de faire connaître le département dans les collèges publics et privés.

Est-ce que quelqu’un peu me dire si cette initiative d’un Conseil général (ou d’un département) est la première du genre ou si d’autres ont déjà eu l’occasion de réaliser un type d’ouvrage comparable? A savoir un manuel «régional» en complément du manuel de la République. En effet, j’avoue que cette publication m’interroge dans le cadre d’une éducation nationale française qui a toujours cherché, à ma connaissance, à répondre à la maxime d’une «République une et indivisible», ou qui a lutté contre les langues régionales.

En résumé, ce manuel d’histoire ouvre-t-il une «brèche» dans la conception française de l’éducation nationale? 

via Un nouveau manuel d’histoire géographie à la mode ornaise.

Deuxième guerre mondiale : La voix de la Suisse

39055698 33097850
Diffusion à l’émetteur de Schwarzenburg en 1945. (RDB)

Swissinfo.ch a publié aujourd’hui sur Internet plus de 16.000 manuscrits de programmes diffusés par le Service des ondes courtes (SOC) entre 1939 et 1945.

Pendant la Deuxième Guerre mondiale, la radio à ondes courtes fut un moyen privilégié pour la Suisse de communiquer avec des ressortissants expatriés et de présenter ses positions au reste du monde. Ayant succédé à la défunte Radio Suisse Internationale (SRI), swissinfo.ch dispose aujourd’hui encore des manuscrits des émissions diffusées par le Service des ondes courtes (SOC) entre 1939 et 1945.

Deux méthodes sont disponibles pour vous permettre de retrouver les documents souhaités. Il est possible d’effectuer soit une recherche par mots-clefs, soit de consulter tous les documents disponibles pour une période déterminée, via une barre chronologique.

Par ailleurs, les archives du SOC ont fait l’objet d’un premier travail d’analyse au sein d’un séminaire de 2e année organisé par la section d’histoire de l’Université de Lausanne (UNIL), dont l’un des pôles de recherche est l’Histoire audiovisuelle du contemporain.

Réalisés sous la conduite de François Vallotton, professeur, et de Raphaëlle Coutaz, assistante, ces travaux de séminaires permettent notamment de mieux appréhender la politique d’information et la manière dont la Suisse a voulu présenter son image à l’étranger pendant la Seconde Guerre mondiale. Ces travaux sont aussi disponibles sur swissinfo.ch.

De plus, un article présente le travail réalisé par les étudiants de l’UNIL (Informer, une mission délicate en temps de guerre).

Information via infoclio.ch : http://www.infoclio.ch/fr/node/26933

Revue de presse : 1937 – Un été en Allemagne nazie | Arte (vidéos)


Été 1937. Julien Bryan obtient une permission spéciale pour parcourir l’Allemagne et filmer ce qu’il s’y passe. Il veut montrer aux Américains la réalité du régime. Deux mois durant, il filme un peu tout sans a priori dans un style aux antipodes de celui de Leni Riefenstahl. S’il n’a pas l’autorisation de tourner partout, il réussit néanmoins à capter ici et là des scènes sur le vif qui ne sont guère à l’avantage des dignitaires nazis. Il fera sortir clandestinement sa pellicule et la société de production américaine « March of Time » en diffusera quelques minutes lors d’un JT en 1938, le diffusera aux Etats-Unis sous le titre de « Inside Nazi Germany 1938 », en utilisant des images tournées par Julien Bryan et de nombreuses scènes « reconstituées », dès le 21 janvier 1938, dans les salles de cinéma (ciné-journal). Il s’agissait alors de mettre en accusation le régime d’Hitler. La quasi-totalité des bobines 35 mm étant restées intactes, elles ont été adaptées à la HD pour ce documentaire, réalisé par Michael Klopf. On doit la bande son au compositeur Irmin Schmidt du groupe Can, une musique aux accents funèbres inspirée par un chant de la guerre de Trente Ans.

1937 – Un été en Allemagne nazie | Arte (vidéos)

En savoir plus sur Julien Bryan :

Suivant les pays, vous ne pourrez pas visionner cette vidéo. Le cas échéant, un logiciel comme Hide My Ass! Pro VPN (mac) vous sortira d’affaire !

Revue de presse : La vraie histoire des «Bienveillantes» | Bibliobs

On les appelait les Einsatzgruppen. Souvent dirigés par des intellectuels, ils assassinèrent plus de 1,5 million de juifs entre 1941 et 1942. Michaël Prazan et Christian Ingrao ont étudié ces commandos dont Jonathan Littell a tiré, en 2006, son roman fleuve

La vraie histoire des «Bienveillantes» | Bibliobs

Un travail qui empêche le plagiat | Faculty Focus

Une étude qualitative sur le plagiat a indiqué que même si les élèves savent que le plagiat est mauvais, la plupart sont assez confus au sujet de ce qui constitue réellement un plagiat. La multiplication de ressources en ligne a exacerbé le problème. Un travail mené par McGowan et Lightbody avec des étudiants a permis à la fois de conscientiser les étudiants et d’obtenir ensuite des résultats convaincants.

Des études montrent également que les étudiants ne pensent pas que les principes d’appropriation s’appliquent aux ressources en ligne de la même façon que pour des documents imprimés. Enfin, de nombreux professeurs maîtrisent encore du mal les règles du référencement qui s’appliquent à des ressources Web.

McGowan et Lightbody ont proposé à leurs étudiants un travail spécifique pour travailler concrètement et de manière non stigmatisante avec eux la question du plagiat en mixant des ressources en lignes ou issues de la bibliothèque, y compris une revue académique, une publication professionnelle et un journal. Les étudiants avaient à travailler sur un essai comportant 10 exemples de plagiat. Certains passages étaient copiés mot pour mot, d’autres utilisaient la paraphrase pour des phrases ou des paragraphes et d’autres reprenaient les idées des auteurs ou les données de leurs recherches sans le mentionner.

Pour identifier ses emprunts, les étudiants ont eu à consulter les sources originales et les utiliser pour identifier le contenu plagié dans l’essai. Puis ils ont présenté l’essai avec les cas de plagiat corrigés. Ils ont également dû préparer une synthèse correctement référencées en 250 mots de l’essai rectifié.

Avant ce travail, 32% des étudiants ayant réalisé cette tâche la première année et 42% la deuxième année avaient, préalablement à ce travail, un bonne connaissance initiale du plagiat et de ses manifestations. Lors de la correction de l’essai, les étudiants étaient à 70% au moins en mesure d’identifier et d’apporter les corrections nécessaires pour éviter le plagiat. Après le travail, ce pourcentage est passé à 85% pour les deux volées d’étudiants.

Plus révélateur encore, aucun nouveau cas de plagiat ont été détectés avec ces deux volées, et l’instructeur d’un cours suivi ultérieurement par ces étudiants a noté une baisse importante du nombre de cas de plagiat.

L’étude : McGowan, S., and Lightbody, M. (2008). Enhancing students’ understanding of plagiarism within a discipline context. In Accounting Education, 17 (3), 273-290.

L’article sur cette étude: An Assignment that Prevents Plagiarism | Faculty Focus.