L’an passé, ma fille, qui venait de rentrer au collège m’a dit, juste avant de voir le film…

L’an passé, ma fille, qui venait de rentrer au collège m’a dit, juste avant de voir le film « Ce n’est qu’un début » présenté par Michel Tozzi : « à l’école on apprend à penser, au collège, on apprend à obéir. »
Cette remarque était malheureusement très juste. Elle a vite compris ce qu’on attendait d’elle et est rentrée dans le rang, sans perdre pour autant son esprit critique vis à vis d’un système à des années lumières de ce que pourrait être un collège aidant chacun à se révéler. Ce qui la choque le plus, aujourd’hui encore, elle, la « bonne élève », c’est l’échec de certains de ses camarades de classe.

Source : educavox.fr

Bourdieu, Debord, Eco et Marx à l'enterrement de Steve Jobs

Déjà lors de l’annonce de son départ d’Apple le 24 août dernier, les commentaires et les réactions m’avaient entraîné du côté de la marchandise et de son fétichisme (Marx). Plus fort encore avec Steve Jobs, celui-ci dépassait l’expression du fétichisme de la marchandise pour l’agréger autour du fétichisme de l’homme. On touchait ainsi aux questions de la dévotion et mysticisme. Jamais probablement une entreprise et ses produits n’ont été aussi indissociables de son dirigeant aux yeux de ses contempteurs comme de ses détracteurs. Et réciproquement.

Dans les réactions qui n’ont pas manqué tout au long de la journée d’hier, Jean-Marc Proust dans Slate exprime ((Steve Jobs : chaque génération a les deuils qu’elle mérite | Slate)) au mieux mon sentiment. Fort judicieusement, Jean-Marc Proust cite Guy Debord et sa Société du spectacle :

«Le spectacle, compris dans sa totalité, est à la fois le résultat et le projet du mode de production existant. Il n’est pas un supplément au monde réel, sa décoration surajoutée. Il est le cœur de l’irréalisme de la société réelle. Sous toutes ses formes particulières, information ou propagande, publicité ou consommation directe de divertissements, le spectacle constitue le modèle présent de la vie socialement dominante. Il est l’affirmation omniprésente du choix déjà fait dans la production, et sa consommation corollaire. Forme et contenu du spectacle sont identiquement la justification totale des conditions et des fins du système existant. Le spectacle est aussi la présence permanente de cette justification, en tant qu’occupation de la part principale du temps vécu hors de la production moderne.»

Le fétichisme de la marchandise de Marx à l’ère de la consommation a été développé aussi par Jean Baudrillard pour expliquer les sentiments subjectifs qu’éprouve le consommateur envers les biens de consommation. Dans ce cadre-là, la publicité ajoute une mystique culturelle aux produits qu’elle vante. Le consommateur achète ensuite le produit en ayant l’illusion de s’en approprier les vertus.

Considéré par certains spécialistes comme la meilleure publicité jamais produite, le clip publicitaire diffusé mondialement à la veille du 24 janvier 1984 pour présenter le premier Macintosh illustre le basculement du monde initié par Apple où une voix proclame

«Le 24 janvier 1984, Apple Computer va introduire Macintosh. Et vous verrez pourquoi 1984 ne sera pas comme“1984”.»

Comme l’indique fort bien Mediapart, Steve Jobs a été ainsi un ingénieur en émotions. ((Steve Jobs, ingénieur en émotions | Mediapart))

Steve Jobs et Apple, ce sont aussi une mise en pratique du concept bourdeusien de la distinction ((Guère différent en la matière du concept du fétichisme de la marchandise)) pour Jacques Proust:

Avoir un iPhone a permis à ses premiers possesseurs d’afficher à la fois leur capital économique, social et culturel (car il y a, semble-t-il, une «culture Apple»). Mais cette distinction n’avait pas vocation à rester confidentielle. L’enjeu pour Apple a toujours été de transformer l’innovation en prosélytisme pour s’imposer sur un marché mondialisé.

Dix ans après la publicité du Macintosh, Umberto Eco rédigeait dans les colonnes de l’Espresso une chroniqueérudite et amusante sur l’opposition d’alors entre le Mac et le DOS,  ancêtre de Windows. Une chronique récemment remise au goût du jour par Framablog ((Umberto Eco : Mac et Windows sont catholiques et GNU/Linux protestant !))

Le fait est que le monde est divisé entre les utilisateurs d’ordinateurs Mac et les utilisateurs d’ordinateurs compatibles MS-DOS. Je suis entièrement convaincu que le Mac est Catholique et le DOS Protestant.

En effet, le Mac est contre-réformiste et a été influencé par le ratio studiorum des Jésuites. C’est un système gai, convivial, amical, il dit au croyant comment il doit procéder étape par étape pour atteindre – sinon le Royaume des Cieux – le moment où le document est imprimé. C’est une forme de catéchisme : l’essence de la révélation est abordée au moyen de formules simples et d’icônes somptueuses. Chacun a droit au Salut.

DOS est Protestant, voire Calviniste. Il permet la libre interprétation des écritures, réclame des décisions personnelles difficiles, impose une herméneutique subtile à l’utilisateur et tient pour acquis que tout le monde ne peut pas atteindre le Salut. Afin de faire fonctionner le système, il faut interpréter soi-même le programme : loin de la communauté baroque des fêtards, l’utilisateur est enfermé à l’intérieur de la solitude de ses propres tourments.

Avec la mort de Steve Jobs, certains craignent que désormais l’utilisateur des produits Apple se retrouve lui aussi enfermé à l’intérieur de sa toute nouvelle solitude traversé par mille tourments. Que faire? Avancer la canonisation de l’apôtre ! L’hagiographe ((Auteur qui écrit sur la vie et les actions des saints.)) a déjà été désigné du vivant du fondateur. Il s’appelle Walter Isaacson. La publication de son hagiographie a été avancée du 21 novembre au 2 novembre. ((La biographie de Steve Jobs avancée au 2 novembre | MacGeneration.)) De son vivant, Steve Jobs avait déjà posé les jalons de celle-ci lors d’un discours dispensé en 2005 aux nouveaux diplômés de l’Université de Standford. Les aficionados orphelins n’ont pas manqué hier d’en diffuser la vidéo:


[VOSTFR] Steve Jobs Stanford Commencement… par Cladouros

Et, à la suite de Jean-Marc Proust, on aime à penser que Jobs a rejoint Bourdieu, Marx et Debord à qui il a apporté cet iPhone 5 que personne n’a encore vu.

Tablettes or not tablettes ? | Les blogs Educpros.fr

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Les banques, d’une crise à l’autre | La Vie des idées

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Café histoire 10/02/2011

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Twitter et Facebook en classe | Journal de Montréal

  • De nombreux directeurs d’école québecois jugent qu’il est maintenant temps de permettre aux élèves de «tweeter» en classe et d’utiliser davantage les nouveaux outils technologiques, comme le iPad, malgré une certaine résistance du corps enseignant. Sont-ils par exemple des aides au décrochage? Parallèlement à ces témoignages, les établissement globalement sont peu branchés…

    Tags: RevuePresse, histoire, MédiaSociaux, Twitter, Facebook

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Café histoire 09/28/2011

  • «Quels sont les obstacles à des humanités 2.0 ? Le temps ? Les chercheurs sont aujourd’hui dans l’alternative Publier ou mourir. Publiez, et vous serez cités. Soyez cités, et votre laboratoire de recherche recevra des subventions. Que votre laboratoire de recherche reçoive des subventions, et votre contrat sera (peut-être) maintenu. Qu’on le veuille ou non, le google ranking fait la loi dans les recherches. Or bloguer est une excellent expérience pour comprendre de l’intérieur les processus d’influence. Bloguez, et vous serez cité. Soyez cité et… Par ailleurs, et c’est sans doute le plus important, le temps d’écriture d’un billet de blog n’est pas un temps pris sur l’écriture d’un article. L’écriture suit une règle simple : plus vous écrivez, plus il vous est facile d’écrire. Ce que vous écrivez pour votre blog vous sera utile pour un article. Et pour ceux qui commencent une recherche, qu’il s’agisse d’un article, d’un mémoire de fin d’année, ou d’une thèse, le blog est un outil très puissant pour rassembler des données et mettre a plat des idées et des problématiques.»

    Tags: RevuePresse, histoire, DigitalHumanities, web2.0

  • Sa « Twitt pédagogie » a fait école, essaimant des « twittclasses » en France et dans les francophonies, reliées entre elles par les réseaux sociaux. Pionnière dans l’utilisation de Twitter en classe, Laurence Juin a porté l’écho de son expérimentation à Cape Town, à Moscou, au Nouveau Brunswick dans le Jura ; à Ax les Thermes et en Belgique. De retour de Seattle, elle revient sur ce parcours aussi imprévu que l’émergence des réseaux sociaux.

    Tags: RevuePresse, histoire, twitter, MédiasSociaux

  • Internet Archive a compilé près de 3 000 heures de vidéo tirées des bulletins télévisés diffusés entre le 11 et le 17 septembre 2001. L’occasion de revoir le déroulement d’un des évènements les plus importants de ces dernières années ainsi que de prendre la mesure de son traitement médiatique. Pour accéder à des contenus en français, il faudra en revanche se tourner du côté de l’INA.

    Tags: RevuePresse, histoire, 11-Septembre, archives, internet

  • «La crise que les États-Unis traversent est d’autant plus grave que ses racines sont anciennes : l’historien Louis Hyman montre comment l’endettement s’est logé au cœur du capitalisme américain au cours du XXe siècle. Plus qu’un système économique, c’est un véritable modèle de société qui s’est effondré avec la chute des subprimes.»

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  • «Quels sont les enjeux et les limites de la pensée postcoloniale ? L’historien Jacques Pouchepadass souligne que les études postcoloniales ne sont pas une discipline mais un courant de pensée critique qui s’adresse à toutes les disciplines, appellant notamment l’histoire à ne plus célébrer l’odyssée de la modernité occidentale à travers le monde.»

    Tags: RevuePresse, histoire, colonialisme, décolonisation, postcolonial, historiographie

  • Le dernier numéro de la Revue internationale des technologies en pédagogie universitaire (RITPU) traite en effet de la perception des TICE par les étudiants, au travers de deux articles qui vont sans doute beaucoup intéresser les enseignants et responsables Tice francophones, et québécois en particulier. Compte-rendu de la revue.

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  • «Il y a aujourd’hui en Europe deux mots qui se regardent en chien de faïence : ceux de peuple et de populisme. Avec le paradoxe d’un terme négatif et péjoratif qui dérive de ce qui fonde positivement la vie démocratique. On exècre le populisme alors que l’on exalte le principe de la souveraineté du peuple. Que recèle ce paradoxe ? Comment le comprendre ? Y aurait-il une bonne et une mauvaise façon d’être démocrate ? Une bonne et une mauvaise façon d’être près du peuple ? Il faut lever ces ambiguïtés. Pour éclairer cette question, on ne peut pas en rester à la reconnaissance diffuse du fait que le peuple est le principe actif, moteur du régime démocratique ; qu’il est la puissance indiscutable de légitimation de celui-ci. Le problème est en effet que c’est une puissance indéterminée. Il y a ainsi un écart entre l’évidence d’un principe, la souveraineté du peuple, le pouvoir au peuple, et le caractère problématique de ce peuple comme sujet social et politique.»

    Tags: RevuePresse, histoire, politis, populisme

  • La superficie des glaces arctiques a connu la seconde plus forte réduction cet été depuis au moins 1979, a annoncé jeudi le Centre national américain de mesures de la neige et de glace. Le 9 septembre, elles ne couvraient que 4,33 millions de kilomètres carrés.
    La superficie minimum des glaces dans cette zone en été est considérée par la communauté scientifique comme une mesure-clé du réchauffement climatique, attribuée par une grande majorité de climatologues aux activités humaines avec surtout les émissions de dyoxide de carbone (CO2).

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  • «Comme les Homo sapiens, les Néandertaliens mangeaient des fruits de mer il y a 150.000 ans, selon une étude espagnole réalisée à partir de la découverte de restes de coquillages dans une grotte du sud de l’Espagne. Cette découverte vient contredire la théorie selon laquelle seuls les Homo sapiens mangeaient du poisson, ce qui aurait permis un plus rapide développement de leur cerveau que celui des hommes de Néandertal, et donc leur expansion.»

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  • Pour le 10e anniversaire des attentats du 11.09, le Times Magazine publie : Revisiting 9/11 : Unpublished Photos by James Nachtwey. Un portfolio de 16 images accompagne l’article . Le grand photographe de guerre se trouvait à New York ce jour-là et les photographies (argentiques) qu’il rapporta de son immersion sur les lieux ont été largement diffusées par la presse au point que certaines sont devenues des icônes. Selon Times Magazine, les images présentées aujourd’hui seraient « inédites » (never before seen photos from Ground Zero). Cela n’est pas tout à fait exact, car si certaines n’avaient réellement jamais été publiées, il s’agit surtout de doublons figurant sur le même rouleau de film.

    Tags: RevuePresse, histoire, 11-Septembre, presse, photographies

  • «A l’occasion de la publication de PISA 2009, le Café pédagogique a demandé à Nathalie Mons si l’OCDE était à même d’imposer ses conceptions. « Nous avons pu constater qu’un même niveau de résultats dans l’enquête – faible par exemple – mobilisait le politique dans certains pays dans le sens de la réforme ou était passé sous silence dans d’autres », explique-t-elle. « Nous avons aussi pu constater que certains enseignements de PISA étaient repris – par exemple l’efficacité de l’école unique -dans certains pays et pas dans d’autres. Par exemple, PISA n’a pas remis en cause l’école à filières allemande ». Pire les analyses de l’OCDE peuvent être reprises pour légitimer des réformes sans lien avec leurs enseignements. Pour N Mons, « il y a une forte déconnexion entre les résultats de l’enquête, les préconisations de l’OCDE en termes de politiques éducatives et les réformes réellement décidées et mises en œuvre au nom de PISA.»

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  • Les enseignants préparent leur rentrée. Les élèves profitent des derniers jours de liberté. Dans ce contexte bien choisi, Le Figaro magazine a décidé de déterrer un vieux marronnier aux logiques bien huilées : celui d’un enseignement de l’Histoire de France en danger.

    Tags: RevuePresse, histoire, enseignement, programme, Nation, France

  • La Part de fiction dans les images documentaires est un numéro commun au Bulletin de l’Institut d’Histoire du Temps Présent (IHTP – CNRS) et à la revue Conserveries Mémorielles (CELAT – Université Laval, Québec). Il propose de s’intéresser aux relations entre les images dites documentaires – films et photographies – et le réel qu’elles représentent et médiatisent, en interrogeant la part de fiction contenue dans ces images. Car l’un des ressorts fondamentaux de l’étude de leur médiatisation du réel passe par l’appréhension de la mise en récit qu’elles en font ; et du fait qu’elles sont elles-mêmes – par la suite – l’objet de récits (historiens, critiques etc.).

    Tags: RevuePresse, histoire, film&histoire, fiction, documentaire

  • Le 20 août 1955, dans un petit village du Nord-Constantinois, des dizaines d’Européens sont massacrés. Une des conséquences en sera l’extension de l’état d’urgence à l’ensemble du territoire ; mais la propagande de guerre, les rumeurs, le manque de sources ne contribuent pas à éclaircir l’événement. Une historienne a mené l’enquête.

    Tags: RevuePresse, histoire, décolonisation, Algérie, France, for:@twitter

  • Tout une série de productions multimédias réalisées par des élèves de collèges français. Les analyses d’images figurent parmi les travaux les plus intéressants.
    Il serait intéressant d’observer avec d’autres élèves l’impact de ces documents réalisés par d

    Tags: RevuePresse, histoire, MédiaTIC, TravauxElèves

  • Une impressionnante collection d’ouvrages consultables en ligne, organisée par sujet, et en anglais. Presque too much

    Tags: RevuePresse, liens, histoire, 14-18, sources, historiographie

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“L’histoire est une matière d’endoctrinement” – Nonfiction.fr le portail des livres et des idées

Je ne sais pas si l’histoire est une science : on peut en tout cas la regarder plus modestement comme un “savoir critique”. Or a-t-on jamais parlé sérieusement de “savoir critique” au collège ? Quand on a évoqué le travail sur document, ce n’était pas tant pour aiguiser le regard critique que pour casser le cours magistral. Il suffit d’ailleurs de regarder les documents qui figurent dans les manuels, ces fragments en miettes, pour constater qu’ils ne se prêtent pas vraiment à cet usage. A côté des événements exceptionnels et des initiatives hors du cadre, le lot commun de la pratique ordinaire des enseignants ne consiste pas à recréer les conditions du travail de l’historien.

La Boite à Outils des Historiens: Les historiens seront-ils finalement programmeurs ?

Un article qui prend comme point de départ la fameuse phare d’Emmanuel Le Roy Ladurie : « les historiens seront programmeurs ou ils ne seront plus » pour l’actualiser par rapport à aujourd’hui. A lire donc.

«Un spectre hante les réflexions autour du tournant numérique qui affecte le métier d’historien… Il s’agit d’une déclaration, faite par Emmanuel Le Roy Ladurie, à la suite d’une conférence concernant l’usage du quantitatif en histoire qui eut lieu en 1967 à Ann Arbor (voir ici, texte repris en 1974 dans Le territoire de l’historien) :

« les historiens seront programmeurs ou ils ne seront plus »

Plus de quarante ans plus tard, alors que les historiens semblent s’interroger collectivement sur le rôle des outils informatiques et des ressources numériques dans les transformations qui affectent leur métier (voir ici,là, ou là), la question de la nécessité d’apprendre à « programmer » se pose sous un angle différent.
Sur son site, Frédéric Clavert […] a récemment proposé quelques « pensées éparses » sur « le code et l’historien contemporanéiste« . Prenant pour prétexte les réflexions suscitées par ce texte très stimulant, ce billet se veut une sorte de complément/prolongation à celles que Franziska et moi avons entamées sur le « socle commun » et la nécessité d’une meilleure (in)formation des historiens aux outils numériques, pour un article à paraître en fin d’année dans la Revue d’histoire moderne et contemporaine (et dont nous discuterons bientôt à Blois – cf. pp. 14/15)»

Lire la suite : La Boite à Outils des Historiens: Les historiens seront-ils finalement programmeurs ?.

La mondialisation dans les années 1920 : le regard d’un Européen sur un fait banal, irréversible et «réflexible» | Histoire Globale

«Qu’est-ce qu’un document d’histoire globale ? La question est délicate et n’a guère été posée en France, où l’on s’est peu soucié jusqu’à présent d’éditer des manuels d’histoire globale, alors qu’il en existe en anglais depuis près de vingt ans (par exemple : Andrea & Overfield 1990). Le risque majeur est de prendre tout document et de tomber ainsi dans l’histoire universelle, dont on sait qu’elle est l’ornière de l’histoire globale. Il est donc évident qu’un choix raisonné s’impose, mais sur quels critères ? Car un autre risque surgit alors, celui d’une histoire œcuménique, qui serait une histoire représentative de l’humanité dans sa diversité, mais sans véritable problématique structurante, et qui ne serait ainsi qu’une variation sur le thème du « patrimoine mondial de l’humanité ».

[…] Au regard des difficultés précédemment énumérées, le premier document choisi ne présente pas de risques majeurs. Il s’agit d’un texte extrait d’un ouvrage de Francis Delaisi, Les Contradictions du monde moderne, paru à Paris en 1925. C’est une réflexion sur la « mondialisation ». Certes, le mot n’apparaît pas, même s’il a déjà été utilisé (Otlet, 1916), mais l’idée y est.»

La suite est un très intéressant exemple de démarche de travail, d’études de documents et de problématisation d’un concept.

Source : La mondialisation dans les années 1920 : le regard d’un Européen sur un fait banal, irréversible et « réflexible » « Histoire Globale.