La Fabrique des images contemporaines


La Fabrique des images contemporaines (2007)
Par Christian Delage, Vincent Guigueno et André Gunthert
Editions du Cercle d’art, 192 p., 101 ill. coul., 45 €, ISBN: 978-2-7022-0840-3
Animés par la volonté d’offrir à un très large public des outils de jugement critique sur l’iconographie contemporaine, les auteurs de l’ouvrage nous font entrer dans la fabrique des images: celles, mythifiées, de Robert Doisneau dans sa série des « Baisers », comme celles, composées successivement par plusieurs générations de cinéastes, du débarquement en Normandie. Ils reviennent également sur le rôle décisif qu’ont joué les images dans des moments clés de l’histoire contemporaine, tel l’assassinat de Kennedy, les attentats du 11 septembre 2001 ou bien encore la fin du communisme en Roumanie. Dans ce dernier cas, est élucidée ici l’affaire dite des « faux charniers » de Timisoara qui fut considérée à tort comme un exemple-type de désinformation.

A rebours de l’opinion commune selon laquelle l’image « mentirait » davantage encore depuis l’arrivée du numérique, les auteurs montrent combien les nouveaux usages renforcent, au lieu de les affaiblir, la vigilance citoyenne et le lien organique qui unit l’image au réel. Il en va de même de l’évolution des techniques qui permettent de développer une nouvelle échelle du regard (Google Earth).

La Fabrique des images contemporaines révèle en outre comment, dans le monde entier, la mobilisation militante, politique, écologique ou syndicale met en place de véritables canaux d’information parallèle, capables de parasiter jusqu’aux plates-formes commerciales et institutionnelles de partage d’images ou de vidéos.

Table des matières

Mai 68 et les intellectuels versus l'histoire orale (lien)

  • Le séminaire « Mai 68 et les intellectuels versus l’histoire orale » affiche dans son titre la dualité de son propos. Au titre de l’enseignement, il propose une réflexion sur les spécificités d’une discipline historique – l’histoire orale – en la comprenant dans un contexte international de circulation des savoirs, dans une temporalité historique et dans l’application d’une méthode scientifique. Pensé comme un atelier de recherche, il est dans l’agir puisque les postulats sont immédiatement convertis par la fabrication puis l’analyse d’un corpus raisonné de témoignages « d’intellectuels » qui, en situation à l’École des chartes, à l’Université ou dans les emprises du pouvoir politique, ont connu une intersection signifiante avec 68. Ce site Web reflète les activités du séminaire et en offre les résultats.

Les changements de climat sont-ils responsables des guerres?

C’est l’excellent site d’informations en ligne Rue89 qui nous fournit cette superbe problématique historique, via les résultats d’une recherche internationale conduite par Peter Brecke, chercheur en science politique du Georgia Institute of Technology d’Atlanta aux Etats-Unis et dont les conclusions sont publiées dans les Proceedings of the National Academy of Sciences:

Et si les crises climatiques et les guerres étaient liées ?

La recherche a créé une base une base de données de 4500 conflits qui se sont produits à travers le monde entre 1400 et 1900, puis David Zhang, chercheur en géologie de l’université de Hong Kong a rassemblé des données climatiques et des étudiants ont collecté des informations sur la production agricole et ses prix.

Pour autant, nous n’aurions guère à nous réjouir sur le plan des conflits du réchauffement climatique, car Peter Brecke n’exclut pas qu’un réchauffement climatique puisse avoir les mêmes effets :

« des températures plus élevées sont responsables de sécheresses qui peuvent avoir les mêmes effets : baisse des ressources naturelles et violences pour se les approprier ».

Le résumé de la recherche dans Rue89: Les changements de climat sont-ils responsables des guerres?

Histoire contemporaine et suisse – Hans Ulrich Jost (lien)

  • Professeur honoraire d’histoire contemporaine à l’Université de Lausanne, Hans Ulrich Jost a porté une attention soutenue à l’histoire de la Suisse aux 19e et 20e siècle. Son site regroupe sa production éditoriale et quelques textes.
    Par ailleurs, Hans Ulrich Jost a été un de mes professeurs d’uni qui m’a le plus marqué et apporté relativement à mon métier d’historien. Son cours-séminaire de première année notamment m’a fourni les bases essentielles de la méthode historique. Je lui en serai à jamais reconnaissant.

Universal Leonardo: Leonardo da Vinci online (lien)

Romulus et Remus : du mythe à l’histoire ? (liens)

En complément à mon billet « Romulus et Remus : du mythe à l’histoire ? », une série de liens complémentaires qui doit beaucoup à Hugo Billard et à son excellent blog Le Jardins des retours. 😉

BMW : la famille Quandt rattrapée par son passé nazi (Libération)

Ce jeudi, le journal Libération nous apprend que la famille Quandt, l’une des plus puissantes familles d’industriels allemands, a finalement cédé à la pression. Les propriétaires de BMW vont ouvrir leurs archives afin de faire la lumière sur une sombre page de leur passé, l’implication des deux figures historiques du clan, Günter Quandt et son fils Herbert, dans les crimes nazis.

Le fondateur de l’entreprise Günther Quandt avec ses fils Harald (à gauche) et Herbert. Source: http://www.sueddeutsche.de/wirtschaft/die-quandts-dunkle-schatten-ueber-der-dynastie-1.340952

Qu’est-ce qui les a amenés aujourd’hui à une telle démarche? Les recherches minutieuses et le documentaire de la chaîne de télévision publique allemande NDR, montré en avant-première au festival du cinéma de Hambourg fin septembre, et qui sera diffusé le 22 novembre sur la chaîne ARD, est à l’origine de ce retournement spectaculaire.

Les journalistes Eric Friedler et Barbara Siebert y démontrent la façon dont la famille, déjà richissime avant la guerre, a profité du nazisme puis du conflit pour s’enrichir davantage. Plus étonnant, la famille a réussi à passer sans encombre au travers des mailles de la dénazification alors que, sans aucun doute, ils auraient été condamnés tout comme les familles Krupp ou Flick : usines travaillant comme rouage essentiel de la machine de guerre allemande, personnel fourni par les camps de concentration à la mortalité élevée (“Au camp de Stocken, on meurt en six mois”, disaient les SS aux nouveaux venus, selon un rescapé danois interrogé), rachat à bas prix et sans scrupule d’entreprises de Juifs concurrentes.

De gauche à droite: Magda Goebbels (ex-Quandt), Josef Goebbels, Adolf Hitler (derrière) et son fils Harald Quandt, issu de son premier mariage avec Günther Quandt.

Pour sa part l’historien allemand Joachim Scholtyseck, professeur à l’Université de Bonn et spécialiste du Troisième Reich, fait des recherches sur la famille Quandt depuis 3 ans. Deux intéressants articles de la Sueddeutsche Zeitung sont consacrés aux travaux du professeur Stoff für den unabhängigen Historiker (19.11.2007) ((dont les deux photos de mon billet sont issues)) et Die Familie Quandt bricht ihr Schweigen (05.10.2007).

Dans les débats actuels autour du rôle de la presse et de son devenir (Roger De Diesbach (2007) Presse futile presse inutile. Genève: Slatkine), ce travail d’enquête salutaire prend tout son sens. Autrement la peopolisation des médias jouera à terme contre la démocratie.

Article complet : http://www.liberation.fr/actualite/monde/293020.FR.php (Libération 22 novembre 2007)
Compte-rendus de Roger De Diesbach, Presse futile presse inutile:
• Mediablog
• ouVertures.info
• Suisse : Quel avenir pour le journalisme?

24 % de visiteurs en plus pour Wikipedia en France

C’est la version du Figaro en ligne qui nous l’apprend :

Parmi les dix sites les plus visités, le cabinet de mesure d’audience Comscore relève que Google est toujours en tête, avec près de 20 millions de visiteurs uniques. Il est suivi par le site de Microsoft qui enregistre 17 millions de visiteurs uniques. Wikipedia, de son côté, enregistre la meilleure progression avec 24 % de visiteurs en plus, ce qui lui vaut un score de 10 millions d’internautes au total. Une tendance que Delphine Gatignol, responsable du développement chez comScore France, attribue à la rentrée scolaire et notamment aux nouveaux comportements des étudiants qui utilisent Wikipedia comme outil de recherche.

Quoique chacun d’entre nous pense de Wikipedia, cette encyclopédie en ligne est devenue un incontournable en milieu scolaire. On peut crier, s’indigner, vouloir interdire l’utilisation de l’Internet par les élèves. La digue a déjà sauté, les amarres sont rompues, les habitudes prises ou se prennent.
Quelles sont les conséquences pour le travail de l’enseignant-e? Quelles pistes de travail? Pour ma part, je préconise (une nouvelle fois):
• accompagnons nos élèves dans cet univers et offrons-leur des jalons, des outils pour leur apprendre à naviguer dans ce nouveau rapport aux sources du savoir sur Wikipedia ou ailleurs.: »(Et je pense qu’ici le travail de la validation des sources fait par l’historien prend toute sa valeur et sa pertinence sociale.) »:
• proposons-leur des vraies démarches de recherches personnelles et non pas des tâches de pure restitution de savoir, car dans ce dernier cas, nos élèves ont tout à fait raison de travailler par simple couper/coller.: »(D’ailleurs sommes-nous si sûr que les enseignant-e-s que nous sommes ne procédions jamais par couper/coller sans citer et nous distancier de nos sources?) »:
• sortons du manichéisme internet, c’est mal ou internet, c’est la panachée universelle.
• et si nous réfléchissions avec nos élèves dans quelle mesure ce type de site modifie notre rapport et notre accès au savoir ainsi que notre rapport à la lecture?

Merci à Mme Membrey (et à ses élèves) pour la publication de cette information issue du journal Le Figaro (24 % de visiteurs en plus pour Wikipedia ! : l’ABC de l’élève futé). Mon billet se veut aussi l’autre face de la question puisque je m’intéresse au côté enseignant-e alors que son billet s’intéresse au pôle élève. Mme Membrey leur rappelle les règles de base suivantes :

• A : un élève futé est un élève qui ne se contente pas d’utiliser Internet pour faire ses travaux de recherche !
B : un élève futé est un élève qui ne se contente pas d’utiliser une seule source d’information sur la Toile.
C: un élève futé est un élève qui aime les livres et qui consulte des encyclopédies  » papier « fiables pour ce faire.
D 🙂 ? : un élève futé dit toujours oui à Mme Membrey 🙂 .

L’article du Figaro : Quels sont les sites les plus visités en France?