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Médias sociaux : comment les adopter et les faire adopter?

Dans son dernier billet consacrés aux dangers d’Internet, Serge Soudoplatoff identifie trois dangers d’Internet ((Les liaisons numériques dangereuses | La rupture Internet))

Le premier est effectivement de ne pas y aller, d’ignorer le phénomène. […]

Le deuxième est de s’y opposer. Déclarer que wikipedia est de mauvaise qualité, comme une de mes étudiantes me l’avait affirmé. Déclarer que « dans Internet, il n’y a que des emmerdeurs », comme me l’avait dit en 2006 un directeur marketing d’une entreprise du CAC40. […]

Le troisième est de ne pas se transformer. Pour aborder Internet et en tirer le meilleur, il faut déjà se former. Les élèves des écoles devraient être formés, non pas aux dangers de l’Internet, mais à son mode d’emploi. Les salariés des entreprises devraient tous avoir des cycles de formation au numérique, à l’instar de ce que fait Lippi. Puis il faut se changer, au niveau individuel mais aussi au niveau collectif. Les entreprises et les administrations doivent se mettre en mode 2.0, et tant pis si ce concept est flou, au moins il force à réfléchir.

Il conclut qu’«à part ces trois dangers, je ne vois pas d’autre réelle menace différente de ce que la vie nous réserve, lorsqu’elle est cruelle et brutale.»

Personnellement, c’est bien dans le sens de Serge Soudoplatoff que j’utilise depuis de nombreuses années internet et le web 2.0 dans mon activité professionnelle ainsi qu’avec mes étudiants.

Demain j’aurai l’occasion de présenter principalement mon utilisation des blogs dans le cadre du First organisé par Rezonance et consacré aux médias sociaux dans les organisations:

J’y interviendrai sous l’intitulé:

Quand les nouvelles technologies s’invitent dans l’enseignement

et les autres intervenants seront Olivier Glassey, sociologue, Olivier Tripet, consultant et formateur en Entreprise 2.0, et Sophie Dufaux, digital strategist. Le programme complet est consultable en ligne : http://www.rezonance.ch/rezo/classes/ft-first-tuesday/lausanne/20101202/one-community?page_num=0

Opération iPad dans le département de la Correze : une opération de communication?

L’annonce est tombée ce week-end sur une dépêche AFP reprise par les principaux médias français, pour la plupart sans explication, notant seulement le montant du marché décroché par Apple et le nombre impressionnant denseignants et délèves concernés :

«La Corrèze équipe en iPad 3 300 collégiens et enseignants : 2500 collégiens de sixième et 800 enseignants corréziens disposeront dici la fin de l’année d’un iPad muni de logiciels éducatifs. A cette « expérimentation », le conseil général de Corrèze alloue 1,5 million d’euros indique l’AFP».

La rédaction de Ludovia magazine a enquêté pour en savoir plus : LUDOVIA TV: Opération iPad dans le département de la Correze : une opération de communication ?.

Le Mur de la honte de l’Atlantique | La république des livres

Ce soir à 22h50, France 2 diffuse un documentaire de Jérôme Prieur consacré au «Mur de l’Atlantique». Reportage qui a donné également lieu à un livre : Le Mur de l’Atlantique (200 pages,18 euros, Denoël). Dans sa chronique, Pierre Assouline revient judicieusement sur cet aspect peu connu de la collaboration.

A la Libération, les entreprises (Sainrapt et Brice est la plus connue avec la Société de construction des Batignolles) ont subi des sanctions professionnelle mais une faible épuration judiciaire ; le plus souvent, une amende correspondant à un faible pourcentage des ”profits illicites” tirés de la construction du Mur; en revanche, les journalistes de la presse collaborationniste qui avaient chanté la louange de cette muraille car elle devait repousser la bolchevisation de l’Europe et y maintenir un régime fasciste, ceux-là ont été condamnés à de lourdes peines de prison quand ils n’ont pas été exécutés; il fallait du temps pour constituer les dossiers d’accusation des grands patrons, alors que ceux des journalistes étaient constitués de leurs articles; surtout, la France de la reconstruction avait impérativement besoin de dirigeants d’entreprises du bâtiment et beaucoup moins d’éditorialistes. Ainsi le voulut le Général de Gaulle.

via Le Mur de la honte de l’Atlantique – La république des livres – Blog LeMonde.fr.

« Du savoir historique au savoir ludique : la médiatisation de l’histoire dans les jeux de rôles » | Le magasin des enfants

Voilà une défense de thèse suscitant notre intérêt et pour laquelle il faut espérer une publication rapide sous une forme ou une autre. En effet, Antoine Dauphragne soutiendra le vendredi 3 décembre à 9h sa thèse de doctorat en sciences de l’éducation, à l’université Paris 13, campus de Villetaneuse, salle D 300. Sa thèse, dirigée par Michel Manson, est intitulée : « Du savoir historique au savoir ludique : la médiatisation de l’histoire dans les jeux de rôles ».

En voici le résumé publié par Le Magasin des Enfants

Cette recherche s’attache aux modalités de saisie de l’histoire par un support ludique particulier, le jeu de rôles. En analysant un corpus de jeux, nous cherchons à comprendre comment le savoir historique est médiatisé (mis en média) dans une perspective ludique. Dans un premier temps, nous envisageons l’histoire sous son aspect historiographique. Les réflexions des historiens sur leur discipline, mais aussi les travaux portant sur le genre historique, montrent bien que le savoir historique entretient une relation ambiguë avec la fiction et le récit. Dans un deuxième temps, nous nous focalisons sur les outils théoriques susceptibles de nous permettre d’articuler le sérieux de l’histoire et la
frivolité du jeu. La saisie du savoir historique par un média ludique étant étrangère aux processus éducatifs formels et scolaires, nous la confrontons à d’autres outils théoriques, tels que les travaux portant sur les apprentissages informels et sur les notions exprimant la mobilité des savoirs. Dans une troisième partie, nous nous consacrons à la présentation de notre objet de recherche, le jeu de rôles. Domaine ambivalent, média de faible diffusion inscrit dans les réseaux de la culture ludique de masse, le jeu de rôles présente des caractéristiques originales, telles que la densité et la cohérence de ses univers imaginaires. Ce sont ces caractéristiques que nous analysons dans une dernière partie, en les mettant en rapport avec les savoirs historiques médiatisés par le jeu. La construction de mondes fictionnels qui recyclent l’histoire, et la mise en place de mécaniques ludiques qui traduisent des usages ludiques de la ressource historique, apparaissent comme les deux moteurs du processus de transformation du savoir historique en savoir ludique. Au final, la médiatisation de l’histoire dans les jeux de rôles ne saurait être envisagée au regard des critères de validité historique, mais comme un processus d’appropriation du savoir par la fiction ludique.

Les textes suivants d’Antoine Dauphragne pourront retenir votre attention relativement à l’enseignement de l’histoire par le jeu de rôle:

  • « Le jeu de rôles et l’héritage de la Terre du Milieu », in DEVAUX, Michaël, FERRÉ, Vincent, RIDOUX, Charles (dir.), Tolkien aujourd’hui, à paraître aux Presses Universitaires de Valenciennes en 2010
  • Antoine Dauphragne, « Olivier Caïra, Jeux de rôle. Les forges de la fiction», Strenæ [En ligne], 1 | 2010, mis en ligne le 15 juin 2010, consulté le 08 novembre 2010. URL : http://strenae.revues.org/94
  • « Le Moyen Âge dans les jeux de rôles : simulations ludiques et matière historique », in Séverine ABIKER, Anne BESSON, Florence PLET-NICOLAS (sous la dir. de), Le Moyen Âge en jeu, Eidôlon, n° 86, Bordeaux, Presses Universitaires de Bordeaux, 2009, pp. 69-80. L’article a été pré-publié en ligne.
  • « Dynamiques ludiques et logiques de genre : les univers de fantasy », in Gilles BROUGERE (sous la dir. de), La ronde des jeux et des jouets. Harry, Pikachu, Superman et les autres, Paris, Autrement, 2008, pp. 43-58

Source: « Du savoir historique au savoir ludique : la médiatisation de l’histoire dans les jeux de rôles » | Le magasin des enfants.

Marianne à cache-cache, ou les pièges de la mémoire collective

A la suite de la publication par le journal Le Monde d’un “portfolio sonore” consacré à l’iconographie des manifestations et de l’analyse réalisée par Raphaëlle Bertho relativement aux mécanismes de narration visuelle, André Gunthert prolonge et rébondit pour nous entretenir brillamment de la notion assez généralement admise de “mémoire collective” à propos des icônes. Son article doit aussi nous interroger sur la nécessité d’une éducation à l’image.

(1) Delacroix, la Liberté guidant le peuple, 1831. (2) Jean-Pierre Rey, Paris, 13 mai 1968. (3) François Mori/AP, Paris, 14 octobre 2010. via Culture Visuelle

Au final, pour André Gunthert,

Plutôt que de parler de “mémoire collective” ou d’”intericonicité”, il serait plus exact de dire que le couplage d’une photographie avec un référent pictural relève d’un effet de citation

Un effet qu’André Gunthert qualifie de jeu lettré qui exclut le grand public, aux compétences iconographiques restreintes, à moins qu’on ne lui révèle le pot aux roses. En effet, interroge André Gunthert,

Pourquoi la “mémoire collective” est-elle si élitiste alors qu’elle devrait s’alimenter de la culture populaire? Pourquoi les effets d’intericonicité ne s’appuient jamais que sur des chefs d’œuvre, plutôt que sur des publicités ou des dessins animés? Après tout, mes enfants sont plus familiers des Simpson’s que des tableaux du Louvre. Pourquoi? sinon parce que les professionnels formés dans les écoles des beaux-arts sont persuadés que la référence picturale est seule susceptible d’anoblir les images du quotidien.

Je peux aussi lire ce questionnement final comme un plaidoyer pour fournir une solide éducation à l’image à nos enfants et j’y convoque volontiers l’enseignant d’histoire pour y prendre sa part.

Lire l’analyse d’André Gunthert >>

Café histoire du 21 October 2010

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Quand les élèves racontent l’histoire de l’immigration | La p@sserelle

Dans son dernier billet, Emmanuel Grange nous présente une démarche associant histoire de l’immigration et travail d’écriture avec des élèves de collège (Histoire-français). Une démarche tant d’enseignement que de publication fort intéressante et reproductible.

Ce travail a été réalisé par des élèves de 6ème. Ceux-ci devaient plancher sur un scénario réaliste : l’histoire d’un travailleur immigré qui arrive à Firminy (XIXe,  XXe ou XXIe siècle). Leur travail était le suivant:

«Après avoir défini l’identité de leur personnage (période, nom, nationalité, métier, domicile), les élèves racontent son histoire. Ils peuvent décrire, dessiner ou coller une photo de ce qui surprend leur personnage une fois arrivé à Firminy. S’ils souhaitent raconter leur propre histoire familiale, carte blanche.»

Voici, pour exemple, un extrait du récit réalisé par Bilel et qui raconte l’histoire de Mohammed B, métallurgiste, arrivé d’Algérie en bateau :

«Je suis arrivé en avril 1968 pendant les célèbres grèves de mai 68. […].

Ce qui m’a surpris, c’était les tours d’immeubles, en Algérie, il n’y avait pas ce type de logement à l’époque. Je vivais dans des maisons de pierre et de paille, de plain-pied. […].

»

L’entier de son récit ainsi que celui de deux autres de ses camarades sont à lire ici : Firminy, quand les élèves racontent l’histoire de l’immigration – La p@sserelle -Histoire Géographie-.

Merci à Emmanuel qui nous offre cette démarche et ces productions d’élèves. Ce travail correspond véritablement à une approche par compétence en histoire. Il s’agit notamment d’amener les élèves à construire un récit historique sous la forme d’un témoignage.

Affaire Pederzoli : le curieux destin d’Olivier Pétré-Grenouilleau

Si l’accusation était sans doute déplacée dans le contexte d’un rapport d’inspection, Olivier Pétré-Grenouilleau n’a fait que mettre sur la table un débat qui occupe des spécialistes tels que Sophie Ernst sur l’usage des mots « Shoah », « holocauste » ou encore « judéocide ». Quand il dit que le terme ‘génocide’ est « plus neutre et juridiquement fondé », il réaffirme sa volonté de refuser le chantage émotionnel qui consiste à mobiliser les souffrances d’un peuple pour justifier manquements et approximations historiques. Et à nouveau, il est taxé de révisionnisme.

Génocide juif et école: visiter Auschwitz n’est pas forcément l’idéal

Je ne suis pas convaincue de l’importance décisive de ces voyages à Auschwitz pour les lycéens, mais si on tient à les faire, que ce soit dans des conditions de fort soutien des jeunes, avec du temps pour penser, discuter, exprimer des émotions et des pensées. Avec des groupes réduits de 20 à 30 personnes et un accompagnement solide et dense d’adultes bien préparés. L’important, dans un tel voyage, c’est de rencontrer une écoute et une parole humaines, qui puissent structurer des émotions tumultueuses et les canaliser dans un sens qui ne soit pas désespérant. Mais je m’inscris en faux contre cette conviction, qui a rendu le voyage à Auschwitz incontournable, au point d’en faire un rite d’initiation pour les grands adolescents. Il existe toutes sortes d’autres possibilités, qui permettent des parcours cognitifs et sensibles plus consistants. Un cycle de films peut être plus dense qu’un voyage, une visite dans un Musée de la résistance et de la déportation permet de bénéficier de services pédagogiques.

Génocide juif et école: visiter Auschwitz n’est pas forcément l’idéal