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Quand le film défie l’historien – Robert A. Rosenstone | Cinémadoc

Dans son article, Robert Rosenstone part du constat que les historiens critiquent les films historiques, car ils interprètent ces derniers à l’aune de leurs propres exigences académiques. Pour l’auteur, cette critique masque un double déni. En fait, d’un côté les historiens critiquent les films car ils se rendent compte qu’ils assument également la transmission du passé et, de l’autre, ils refusent d’accepter que les films influencent également leur vision du passé. Il invite par conséquent ses collègues à “prendre au sérieux” le cinéma (p. 164). Il divise ensuite le cinéma en trois catégories (fiction, documentaire, docudrama) et choisit de s’intéresser à la fiction. Il divise cette catégorie en deux : les films grand public et les films expérimentaux, qu’il nomme post-modernes.

Robert A. Rosenstone, “”Like writing history whith lighting” : Film historique/vérité historique“, Vingtième Siècle. Revue d’histoire, n°46, 1995, p. 163

Pour le reste, je ne peux que vous inciter à lire l’entier de l’excellent article de Rémy Besson. En plus, vous avez aussi la possibilité de lire en ligne l’article de Rosenstone.

via Quand le film défie l’historien – Robert A. Rosenstone | Cinémadoc.

Problématiser 14-18 : un armistice de 21 ans?

Les préoccupations des historiens peuvent aider les enseignants à construire une problématique à laquelle leurs élèves devront ensuite répondre. En voici un exemple à l’aide d’un article de 2008 paru dans la Revue historique des armées.

En 2008, Georges-Henri Soutou s’interroge : 1918 représentait-elle la fin de la Première Guerre mondiale? Son article s’intéresse notamment à la situation en Allemagne après la signature de l’armistice ainsi que sur les motivations de Ludendorff. De manière générale, pour Soutu, il s’agissait non pas d’armistices militaires, mais politico-militaires. D’où l’importance de cette période au cours de laquelle s’arrête la Grande Guerre, mais alors que les traités de paix se font attendre. La fin de son article, fort intéressant dans son ensemble, nous offre ensuite un bel exemple permettant de problématiser la fin du conflit et de projeter les élèves dans l’étude de l’entre-deux-guerres et la Deuxième Guerre mondiale. Nous sommes également en présence d’un travail d’histoire maniant une histoire-événementielle et une histoire-problème.

Il conclut par une interrogation: Un armistice de 21 ans ?

Puis il poursuit en posant les termes du débat historiographique apparu dans les années 1980:

Une question préoccupe les historiens depuis les années 1980 : la Deuxième Guerre mondiale, guerre totale, qui a fait 50 millions de morts, qui a vu les génocides les plus graves de l’histoire, qui a vu l’utilisation de l’arme nucléaire, était-elle un phénomène spécifique ? Ou bien faut-il considérer qu’elle prolongeait la Première Guerre mondiale, après une sorte d’armistice de 21 ans, dans ce que certains appelaient une « guerre de Trente Ans » (l’expression fut employée à l’époque par de nombreux grands responsables, comme Churchill et de Gaulle, qui avaient très nettement l’impression d’assister à la suite de l’épisode précédent) ?

Dans les lignes précédentes, l’article proposait des éléments qui peuvent être exploité dans le sens d’une Guerre de Trente Ans. Puis, dans les lignes conclusives, l’article propose ensuite des éléments invitant dans le sens d’une spécificité du deuxième conflit mondial. Ainsi en est-il de son caractère de conflit idéologique alors que la Première Guerre mondiale était essentiellement un affrontement de type national ou de conflit total, «s’évadant très largement des lois de la guerre et du droit des gens traditionnel, encore à peu près respectés en 1914-1918.»

Dans tous les cas, un joli point de départ pour construire une séquence d’enseignement englobant la conclusion de 1918, l’entre-deux-guerres et la Deuxième Guerre mondiale. Une problématique non négligeable lorsqu’on ne dispose que d’une ou deux périodes d’enseignement par semaine.

via 1918 : la fin de la Première Guerre mondiale ?.

De Gaulle: l'appel en «typographie animée»

C’est dans le cadre d’un projet multimédia pour son Master de l’Université de Rennes que Richard Simon a réalisé cette mise en scène en typographie animée de l’appel du 22 juin 1940 du Général de Gaulle. Appel qui, au contraire de celui du 18 juin, a bien été archivé.

Source de l’info: Libération

Images pieuses | L'Atelier des icônes

Décidément la Deuxième Guerre est à l’honneur que ce soit en Suisse autour du Général Guisan, en France avec la commémoration des 70 ans de l’Appel du 18 juin ou en Angleterre avec la retouche d’une photographie de Winston Churchill. Elle est même doublement à l’honneur dans la presse cette semaine.

Tout d’abord, un article du Daily Mail révélait qu’une affiche représentant Winston Churchill au fronton du musée “Britain at War” avait été retouchée, ôtant son célèbre cigare de la bouche du vainqueur de la barbarie nazie.

Ensuite, la presse française illustrait l’Appel du 18 juin par une photo du général de Gaulle assis devant un micro mise en scène une année après cet Appel. Il y est notamment revêtu des symboles de la France Libre encore inexistante en ce 18 juin 1940.

Le mot de la fin revient à André Gunthert dans son Atelier des icônes:

Les figures de cette histoire de carton-pâte s’inscrivent dans le droit fil des images pieuses que l’on donnait en récompense aux catéchumènes méritants, et n’ont ni plus ni moins de réalité qu’un Christ en croix. Ces icônes sont des symboles auxquels on ne demande pas de dire la vérité, mais d’être les supports de l’histoire qu’on a envie de leur faire raconter.

La véritable erreur de la correction de la photo de Churchill n’est pas d’avoir effacé un détail gênant, mais d’avoir oublié que le cigare faisait partie de la représentation standard du grand homme. Le tort de la retouche n’est pas d’avoir truqué le document, mais d’avoir trahi la légende.

via Images pieuses | L’Atelier des icônes.

Revue de presse – Histoire 2.0 06/21/2010

  • En modifiant un peu la citation la plus connue de Clausewitz, on pourrait dire que : « la paix, c’est la poursuite de la guerre par d’autres moyens ». Cette formule s’applique en tout cas très bien à la période qui commence le 11 novembre 1918. En fait, l’Armistice de 1918 préjugeait d’entrée de jeu un certain nombre de questions essentielles pour la paix future. On pourrait d’ailleurs en dire autant des autres armistices de l’automne 1918, conclus avec la Bulgarie, la Turquie, l’Autriche-Hongrie, sans doute moins connus mais fort importants aussi. Il s’agissait non pas d’armistices militaires, mais politico-militaires. D’où l’importance de cette période au cours de laquelle s’arrête la Grande Guerre, mais alors que les traités de paix se font attendre.

    Tags: RevuePresse, liens, histoire, 14-18, historiographie, HistoireSavante, Armistice

  • Tags: RevuePresse, liens, histoire, 14-18, historiographie, mort, en 1914

  • Cet article propose un regard sur le monde des artistes européens dits d’« avant-garde » et de leurs œuvres à travers la Grande Guerre. Il s’agit de voir et de comprendre comment cette guerre a pu affecter les manières de penser et de pratiquer l’art selon les vues des avant-gardes. Ce n’est pas uniquement dans la guerre, mais aussi à travers la guerre que les artistes mériteraient d’être approchés. Les anticipations et les conséquences d’un conflit à dimensions totalitaires sont parties intégrantes d’une réflexion sur les manières et difficultés de représenter l’horreur. Cet article se fond non seulement sur une compréhension des rapports entre style et technique, mais sur une échelle plus générale entre la conjoncture politico-militaire et les produits de la culture formelle de cette époque.
    Voici un article à lire notamment en accompagnement de la visite du site « La couleur des larmes. Les peintres devant la première guerre mondiale » : http://www.art-ww1.com/fr/visite.html

    Tags: RevuePresse, liens, histoire, 14-18, peintres, artistes, avant-garde, HistoireArt

  • En 1915, l’armée française se dote d’un outil spécifique pour produire des images, photographies et films, qui serviront à l’information mais aussi à l’histoire de la guerre. La section cinématographique de l’armée, supprimée en 1919, est recréée en 1939. Au sortir de la Deuxième guerre mondiale, le service cinéma des armées devient interarmées et s’installe au fort d’Ivry, tandis que le ministère s’organise dans le domaine de l’information et de la communication. Les équipes de reporters du SCA gagnent leur surnom de « soldats de l’image » au cours de la guerre d’Indochine et en Algérie. Après les conflits de décolonisation, les caméramans participent aux opérations extérieures et contribuent à la réalisation de films d’instruction et d’information au bénéfice de toutes les armées. Les évolutions techniques et le développement de la télévision puis des nouvelles technologies de l’information permettent aujourd’hui une large diffusion de ces images d’actualité et des archives cinématographiques de l’ECPAD.

    Tags: RevuePresse, liens, histoire, 14-18, 39-45, Indochine, Algérie, Guerre, cinéma

  • La guerre est un thème important du cinéma nazi dès 1933, à travers entre autres la propagation de l’idéal du soldat et de la « légende du coup de poignard dans le dos » (qui implique la promotion de la « guerre de revanche »). Mais une fois arrivée la guerre, le cinéma doit essentiellement aider les populations à tenir – il propose alors surtout des productions divertissantes, qui font oublier les rigueurs du conflit. Évoquer le cinéma dans la guerre, c’est donc aussi, paradoxalement, parler d’une certaine éviction de la guerre au cinéma – du moins dans le film de long métrage, car d’autres documents montrent au contraire les combats à l’envi.nnFilms historiques et de fiction, documentaires, « actualités », dessins animés, publicités : avec des stratégies de communication extrêmement raffinées, le régime a encouragé le développement de productions cinématographiques aux fonctions complémentaires, et a fait des salles obscures un véritable lieu de « culture populaire ».

    Tags: RevuePresse, liens, histoire, Guerre, 39-45, cinéma, propagande, Allemagne, nazisme, MédiaTIC

  • Le régime du dictateur espagnol Francisco Franco a établi en 1941 la liste des 6 000 Juifs vivant en Espagne et a remis l’information au régime allemand nazi, selon un article publié dimanche 20 juin par le journal El Pais et répercuté par le journal Le Monde.
    A la fin de la Seconde guerre mondiale, cette « Archive juive sera occultée et systématiquement détruite comme toute documentation compromettante pour le régime franquiste en relation avec la persécution antisémite des années 40 », souligne le journal. Sans commentaire…

    Tags: RevuePresse, liens, histoire, 39-45, Holocauste, Shoah, Espagne, Franco

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Revue de presse – Histoire 2.0 06/20/2010

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L’historien, le film et l’anachronique – Pierre Sorlin | Cinémadoc

« Nous arrivons ainsi à une première proposition : le film historique serait, davantage que beaucoup d’autres, un film situé, étroitement dépendant d’un contexte en dehors duquel il n’aurait pas de sens. Il serait, d’autre part, sous un vêtement d’emprunt, consacré d’abord et avant tout aux questions contemporaines ; par une voie détournée, il aborderait des thèmes d’actualité, prendrait position sur des conflits du moment ; en un mot, sa première caractéristique serait la retraduction, la mise au présent des événements passés. »

Pierre Sorlin, “Clio à l’écran, ou l’historien dans le noir”,  Revue d’histoire contemporaine, avril-juin 1974, p. 266

Rémy Besson nous offre une série de courts billets fort passionnant concernant l’état du champ concernant l’histoire et le cinéma au travers d’oeuvres charnières. Ici, il s’agit d’un texte de Pierre Sorlin.

Plus que toute oeuvre historique, le film serait un formidable révélateur des préoccupations du temps présent relativement au passé. Cela renforce, à mon avis, son intérêt en classe d’histoire pour notamment mettre en évidence la question du point de vue en histoire.

J’en profite pour adresser un grand merci à Rémy Besson pour son excellente initiative.

via L’historien, le film et l’anachronique – Pierre Sorlin | Cinémadoc.

Blogs et apprentissages

Dans un récent sondage administré à ses cinquante-six élèves âgés de quatorze ou quinze ans, le professeur Martin Bélanger dont l’école utilise les blogs depuis quelques années dans un contexte d’apprentissage scolaire rapporte les constats suivants :

  • 93 % des élèves affirment que bloguer est une excellente façon de s’exercer à mieux écrire.
  • 100 % des élèves admettent faire des efforts pour mieux écrire dans les billets qu’ils bloguent que dans leurs travaux scolaires.
  • 64 % des élèves disent faire des efforts supplémentaires dans leurs travaux scolaires, car ils savent qu’ils pourront éventuellement les bloguer.
  • 76 % des élèves soutiennent qu’un blog est un bon support à la métacognition, c’est-à-dire qu’il permet de garder des traces des apprentissages et qu’il aide les élèves à nommer leurs forces et leurs faiblesses afin de s’améliorer éventuellement.
  • 93 % des élèves affirment que le blog est un outil technologique qui aide à apprendre.

via Internet forme, l’éducation se transforme | Mario tout de go.

L'enseignant, un chercheur entre conservatisme et futurisme

Le point de départ de Philippe Dumas

A l’un des extrêmes, le conservatisme se fonde non seulement sur le refus d’entrer dans le monde digital, mais encore plus sur la croyance que l’apprentissage, vu qu’il est sempiternellement à l’ordre du jour, obéit à des lois immuables. En France, par exemple, c’est le psychodrame permanent de la pérennité de l’orthographe et du mythe de la dictée ou le conflit entre tenants de la vocation contre ceux qui prônent la pédagogie.
A l’autre extrême, le technicisme est une forme d’idolâtrie pour ce qui est nouveau, en pensant que cela va tout changer, et sous-entendu tout améliorer. L’exemple serait celui du mythe de la démocratie par l’internet, ou de la suppression des « profs » par les cours en ligne pour améliorer la diffusion de masse des connaissances.

L’injonction de l’innovation

[…] le thème de l’innovation est une injonction institutionnelle constante dans la mesure où les politiques sont sous pression de leurs opinions et de leurs électeurs pour faire ce qu’il y a de mieux en matière de formation des jeunes. Mais comme l’ont prouvé de nombreuses études, dont celle réalisée en 2004-2007 par Isabelle Pybourdin (2008) sur l’appropriation des Tic dans les écoles du premier degré, l’innovation imposée ou décrétée par le haut – top-down – ne peut produire les résultats escomptés.

A qui profitent les TICE?

Le groupe Fourgous et beaucoup d’enseignants de langues prônent l’usage de MP3 pour la pratique des langues. Comme souvent, les élèves les plus à l’aise dans les langues (et qui ont donc à peine besoin de ce dispositif) sont ceux qui l’exploitent le mieux. Les élèves en difficulté ne peuvent pas en profiter seuls, car leur problème est déjà de savoir écouter et savoir réguler son écoute (arrêt, retour, répétition, etc).

Extraits de la conférence de Philippe Dumas: Texte_conférence_Philippe Dumas TICE et Didactique IV 2010 (.pdf).

Revue de presse du 2 juin 2010

Revue de presse hebdomadaire de mes lectures trouvées sur la toîle, commentées et conservées sur Delicious.

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«Le sang de la forêt de Katyń réclame une vengeance impitoyable, sans merci. Nous ne pouvons pas oublier, jamais, la mort terrible de nos frères, poussés dans les fosses communes, et retirés par la suite de leur tombe par des hyènes. Ils exécutaient les prisonniers en gardant leur sang-froid. Calmement. Systématiquement. Des officiers de carrière, des ingénieurs, des médecins. Plus de 10 000 représentants de l’intelligentsia polonaise, obligés de porter, pendant la guerre, des uniformes militaires… » (extrait du film soviétique diffusé en Pologne à partir de la mi-janvier 1945 et utilisé dans Katyń).
Dans cette première moitié de l’année 2010, les médias polonais, russes et du monde entier ont beaucoup parlé du massacre des officiers polonais à Katyń en 1940. Le blog Samarra a demandé à l’historien Arnaud Léonard de nous éclairer sur l’évènement et ses mémoires en partant de la manière dont le cinéaste Andrzej Wajda le relate dans son film éponyme.

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Sélection exhaustives de revues francophones et anglophones avec leur lien internet.

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De plus en plus utilisée, la citation de références et de travaux en ligne masque une grande diversité dans la manière de les citer. André Gunthert nous propose une solution élémentaire pour citer les travaux en ligne. Il propose ainsi pour son billet de le citer de la manière suivante:
André Gunthert, “Comment citer les publications en ligne”, L’Atelier des icônes, 31 mai 2010 (http://culturevisuelle.org/icones/786).
C’est-à-dire d’appliquer aux web les règles usuelles de la citation et de ne pas distinguer la webographie de la bibliographie. A lire donc.

2 juin 2010