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Et si les profs bannissaient le PowerPoint ? | Blog pédagogique géomarmy

 

Antoine Marmy, enseignant fribourgeois, préfère le dire tout de suite, il adore le logiciel PowerPoint. Simple, efficace, le logiciel permet de créer des présentations soignées en très peu de temps. C’est un outil formidable…. dans certaines situations. Dans l’enseignement, la traditionnelle présentation PowerPoint du prof qui débite son cours au rythme des bullet points comporte de nombreux inconvénients pédagogiques qui semblent rédhibitoires malgré le confort que cela apporte à l’enseignant.

Après en avoir présenté les inconvénients, Antoine Marmy propose ensuite des pistes d’utilisation du logiciel dans des démarches pédagogiques et didactiques.

Antoine Marmy s’inscrit dans la ligne claire et les démarches de François Jourde qui intervient en formation à l’Université de Fribourg.

Avec ce troisième billet, Antoine Marmy s’inscrit comme un acteur intéressant et innovant dans la galaxie des blogs pédagogiques. Une galaxie malheusement trop peu nombreuse en Suisse romande. Il mérite d’autant plus d’être suivi et encouragé dans sa démarche et la qualité de ses productions.

Source : Et si les profs bannissaient le PowerPoint ? – Blog pédagogique géomarmy

Anne Frank : une nouvelle étude indique qu’elle n’aurait pas été dénoncée aux Nazis

Dans un article daté d’aujourd’hui, The Guardian se fait l’écho d’une nouvelle étude publié par le Musée de la maison d’Anne Frank indiquant qu’après plusieurs années de recherche il n’existe aucun élément précis permettant de conclure qu’Anne Frank et sa famille aient été dénoncés, puis deportés, aux Nazis par des Hollandais.

Photograph: HO/AFP/Getty Images
Photograph: HO/AFP/Getty Images

Ronald Leopold, directeur exécutif du musée, explique que cette nouvelle recherche implique que de nouveaux scénarios doivent être envisagés.

Parmi ceux-ci, l’hypothèse que ce 4 août 1944 l’arrestation d’Anne Frank et de sa famille soit liée à une enquête sur le travail illégal ou la falsification de coupons de rationnement proximité de leur lieu d’habitation. Ainsi, deux hommes travaillant dans un immeuble du canal Prinsengracht furent arrêtés, puis relâchés, début 1944 en lien avec un trafic de cartes de rationnement. Leurs traces a été retrouvée dans les Archives néerlandaises et leur arrestation mentionnée dans le journal d’Anne Frank. Cette nouvelle enquête indique :

“During their day-to-day activities, investigators from this department often came across Jews in hiding by chance.”

L’autre hypothèse est en lien avec le travail illégal pour échapper au travail forcé en Allemagne :

“A company where people were working illegally and two sales representatives were arrested for dealing in ration coupons obviously ran the risk of attracting the attention of the authorities,”

Tout ceci n’enlève cependant rien au tragique de l’arrestation puisqu’Anne Frank meurt à 15 ans au camp de concentration de Bergen-Belsen peu de temps avant que ce dernier ne soit libéré par les forces Alliées.
L’article du Guardian : Anne Frank may not have been betrayed to Nazis, study finds

Doit-on encore enseigner la prise de la Bastille à nos élèves ?

En s’interrogeant sur le droit et la nécessité à l’étude de la prise de la Bastille, Olivier Ritz nous interroge également concernant les pratiques scolaires relatives à cet événement et offre des pistes intéressantes pour l’enseignement de l’histoire avec le PER en Suisse romande aux cycles 2 et 3.

Dans un premier billet consacré à la prise de la Bastille (La prise de la Bastille à l’ère du soupçon), Olivier Ritz s’interroge :

Le 14 juillet 1789 gêne-t-il des historiens de la Révolution française?

En découvrant que oui, Olivier Ritz est plongé dans des abîmes de perplexité. Il décide alors d’en revenir d’abord aux tenants du débats entre Pierre Serna, Eric Vuillard, Joël Pommerat, Guillaume Mazeau et Jean-Clément Martin.

In fine, il s’agirait d’éviter toute la mythologie révolutionnaire, toutes les images convenues, trop chargées de symbole, qui feraient écran entre la Révolution et nous.

Doit-il alors renoncer à la Bastille? Et par extension, le devrions-nous également lorsque nous enseignons la Révolution francaise? 

Le concernant, Olivier Ritz s’intéresse, en tant que littéraire, moins aux faits eux-mêmes qu’à leurs représentations. Il observe les très nombreuses strates de texte qui se sont accumulées depuis cette date. À ce titre, le 14 juillet 1789 est incontestablement un événement majeur. Finalement, Olivier Ritz travaille sur la manière dont se font et défont les mythes, révolutionnaires ou contre-révolutionnaires, propagés autour de la prise de la Bastille. En quelque sorte, c’est la trajectoire prise, au fil du temps, par la prise de la Bastille qui l’intéresse et qui pourra nous intéresser dans notre enseignement de cet événement.

Dans un deuxième article, Olivier Ritz nous offre une très intéressante collection de textes littéraires du 19e siècle en français, allemand ou anglais (avec traduction) intégrant la prise de la Bastille et qui pourront être utilisés dans une enquête historique menée en classe.

Concernant l’enseignement de la Revolution française, cet article permet d’esquisser troisième perspectives à propos de la prise de la Bastille.

En premier lieu, en se référant aux débats historiographiques présentés dans le premier article, l’enquête historique porterait sur la recherche de l’événement déclencheur de la Revolution française plutot que de traiter le sujet de manière conventionnelle débutant par les causes, puis la prise de la Bastille et ainsi de suite. Autrement, il y a tous les risques de tomber dans un discours fermé et le roman national.

En second lieu, c’est la trajectoire prise par cet événement, en lien avec la dimension mythe et histoire, qui peut être conduite. Cette enquête partira de l’écho connu par cet événement de 1789 à aujourd’hui. Cette manière de procéder est conforme au plan d’études romand (PER). Ainsi, au cycle 2 en 7e et 8e année, il est demandé de travailler cette dimension en comparant «diverses sources concernant un événement ou une période et mise en évidence de l’évolution des représentations». Il s’agit pour les élèves d’être en mesure d’identifier «des différences de représentation à propos d’un événement, d’une période».

En troisième lieu, en s’appuyant notamment sur l’anthologie de textes proposée par Olivier Ritz, l’enseignant portera une attention sur les différents documents traitant de l’événement «Prise de la Bastille» . Au niveau du PER, au cycle 3 et en 10e année, celui-ci prévoit de travailler avec les sources pour repérer et contextualiser des traces du passé dans le présent :
– identification de traces du passé (écrits, objets, monuments, iconographie,…) dans le présent
– découverte de la fonction de ces traces dans le passé
– formulation d’hypothèses sur l’utilisation actuelle de ces traces du passé.
Il s’agit aussi pour les élèves de formuler des hypothèses sur l’utilisation du passé aujourd’hui et d’en faire une analyse critique.
En utilisant différentes œuvres de fiction, le PER demande également de travailler les dimensions du passé et, pour les élèves, d’identifier les références historiques dans des représentations documentaires, ou de fiction jusqu’à comparer de façon critique une représentation documentaire ou une fiction à une source historique.

Tout enseignant d’histoire romand s’appuiera donc avec profit sur les deux articles d’Olivier Ritz.

Les deux articles d’Olivier Ritz sur Littérature et Révolution  :
– Anthologie de la Bastille
– La prise de la Bastille à l’ère du soupçon

Plan d’études romand :
– histoire cycle 2 http://www.plandetudes.ch/web/guest/SHS_22/
– histoire cycle 3 http://www.plandetudes.ch/web/guest/SHS_32/

Source des images :
Le Campion (graveur) et Testard (dessinateur), Démolition de la Bastille, Paris, Basset, 1789. Sur Gallica.

La Prise de la Bastille: couplets dédiés à la nation par M. Déduit, Orléans, Letourmi, 1789.

Professeurs, étudiants, amateurs… ils refont l’histoire sur YouTube

C’est au tour du journal Le Monde de s’ interesser à l’histoire par des youtubeurs. Après la physique, la littérature ou le cinéma, les chaînes de vulgarisation historique sur la plateforme de vidéos rencontrent aussi leur public. 5 chaines historiques de youtubeurs sont presentées.

  • Confessions d’histoire : C’est l’une des chaînes qui n’adopte pas le code YouTube du stand up filmé chez soi. Ici, ce sont des acteurs dirigés qui incarnent des personnages historiques tels que Jules César, Vercingétorix, Aliénor d’Aquitaine, etc.
  • Nota Bene : Benjamin Brillaud serait la star des youtubeurs francophones d’histoire avec ses 438’000 abonnés. L’angle est de transmettre sa passion au travers d’anecdotes croustillantes.
  • Parlons Y-stoire : réalisée par Baptist Cornabas, professeur d’histoire-géographie.
  • C’est une autre histoire : chaîne d’une doctorante en histoire, Marion Bril consacrée à la mythologie en utilisant les codes de la culture pop et en tournant en extérieur.
  • On va faire cours : Le prof M. Baf n’arrive pas à faire cours jusqu’à ce qu’il disgresse sur les films de Benjamin Gates ou Pocahontas de Disney…

L’article : Professeurs, étudiants, amateurs… ils refont l’histoire sur YouTube

Internet. Holocauste . la question qu’il ne vaut mieux ne pas poser à Google

Enquête du Guardian. Quand un internaute anglophone tape sur Google la question “Did the Holocaust happen?” le premier lien vers lequel renvoie le moteur de recherche est un site néonazi. Une recherche similaire sur YouTube ou sur google.fr et google.ch (« l’holocauste a-t-il existé ? ») donne des résultats tout aussi édifiants.

“Top 10 des raisons montrant que l’Holocauste n’a pas eu lieu.” Voici le premier résultat vers lequel Google renvoie lorsqu’un internaute lui demande, en anglais, si l’Holocauste a eu lieu. L’article en question émane du site Stormfront, un site néonazi, précise le journal britannique. C’est The Guardian qui, dimanche 11 décembre, révélait cette information.

Le deuxième résultat qui s’affiche est la page Wikipedia consacrée au négationnisme et, dès le troisième, le massacre de 6 millions de Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale est de nouveau remis en cause, avec le titre suivant : “L’arnaque de l’Holocauste : ÇA N’A JAMAIS EU LIEU.”

“Est-il acceptable de propager ce discours de haine ?”

La réponse est clairement non pour Carole Cadwalladr, journaliste au Guardian.

L’article du Courrier International : Internet. Holocauste . la question qu’il ne vaut mieux ne pas poser à Google

L’article du Guardian : Google is not ‘just’ a platform. It frames, shapes and distorts how we see the world

A noter que les résultats ne sont pas plus réjouissants si j’effectue la recherche en français et sur google.fr :

A part le premier résultat qui ne fournit d’ailleurs aucune information directement sur le négationnisme, les quatre résultats suivants présentent les thèses négationnistes et, en premier lieu, on trouve le site de Robert Faurisson !

Et c’est encore pire en établissant la requête depuis google.ch puisque tous les résultats affichés, mis à part Wikipedia, renvoient à des sites négationnistes.

En anglais, les résultats sont encore pire si je sélectionne l’onglet « vidéos » sur google.com ou si je fais directement la recherche sur YouTube. Or, une grande partie des jeunes font leur recherche de contenu directement sur YouTube. Voici les résultats obtenus sur Youtube (15.12.2016) :

Une nouvelle fois, ce n’est d’ailleurs pas mieux en effectuant cette fois-ci la requête en français sur YouTube :

Pour completer la lecture de ce billet : Les algorithmes seront-ils tondus à la libération ? – Affordance.info. Olivier Ertzscheid nous invite notamment de créer un index indépendant du web et de relire les 14 points caractéristiques du fascisme selon Umberto Eco. Parmi lesquels ceux-ci :

Appeal to social frustration. “One of the most typical features of the historical fascism was the appeal to a frustrated middle class, a class suffering from an economic crisis or feelings of political humiliation, and frightened by the pressure of lower social groups.”
The obsession with a plot. “The followers must feel besieged. The easiest way to solve the plot is the appeal to xenophobia.”
Selective populism. “There is in our future a TV or Internet populism, in which the emotional response of a selected group of citizens can be presented and accepted as the Voice of the People.”
Ur-Fascism speaks Newspeak. “All the Nazi or Fascist schoolbooks made use of an impoverished vocabulary, and an elementary syntax, in order to limit the instruments for complex and critical reasoning.”

« Appel à la frustration sociale », « obsession du complot », « populisme sélectif », « novlangue appauvrie et à la syntaxe élémentaire » : ces quatre traits sont aussi (pas uniquement) les traits les plus saillants de la viralité, ceux dont le déterminisme algorithmique se satisfait le plus, ceux capables de faire du déterminisme algorithmique une arme de destruction matheuse (Weapon of Maths Destruction).

« Une histoire peu ordinaire » – Colloque national sur l’histoire orale en Suisse | infoclio.ch

Le 25 novembre 2016 s’est tenu à Berne le colloque « Une histoire peu ordinaire ». Colloque national sur l’histoire orale en Suisse. Timothée Olivier a rédigé un compte rendu de ce colloque qui est à présent disponible en ligne et en PDF. Nous reprenons ici les interventions concernant des démarches d’histoire orale en classe.

L’aspect pédagogique de l’histoire orale est abordé par MARC-ANTOINE SCHÜPFER(Genève) qui présente un projet réalisé avec des élèves dans un cadre scolaire. Une telle approche permet d’atteindre de multiples objectifs, tant au niveau du contenu (sauvegarde de mémoires) que de la forme (élèves qui réalisent des entretiens et montent un projet audiovisuel). L’histoire orale rend l’histoire plus accessible pour les élèves qui se voient placés dans une position de responsabilité : ils organisent et conduisent les interviews. L’histoire orale à l’école est une manière dynamique et transdisciplinaire de construire des ponts entre les générations et de sauvegarder la mémoire de passés personnels.

MARKUS FURRER (Lucerne) aborde dans son intervention certains aspects théoriques de l’histoire orale. La place du témoin, selon lui, détient une position de plus en plus importante dans les pratiques socio-culturelles : les histoires personnelles possèdent une valeur différente des documents écrits, et permettent de les compléter ou de raconter une histoire différente. La recherche de cette authenticité (vécue) est notamment un aspect non négligeable de l’intérêt croissant pour l’histoire orale. La production d’histoires orales, croissante depuis les années 1980, miroite avec la société de consommation : le témoin historique joue lui-même un rôle de production, à savoir la production contemporaine d’expériences vécues. La démystification du témoin comme acteur de l’histoire ainsi que le désenchantement de ses propos doivent sous-tendre à l’interprétation contemporaine de son rôle historique.

Source : « Une histoire peu ordinaire » – Colloque national sur l’histoire orale en Suisse | infoclio.ch

A noter qu’on trouve également sur le site infoclio.ch des enregistrements vidéos sur une page spéciale « Nationale Tagung zur Schweizer Oral History« .

Avec l’HistoPad, la Conciergerie propose une visite immersive et un nouveau parcours révolutionnaire

Après la restauration et l’ouverture de ses cuisines en juin dernier, le Centre des monuments nationaux continue de dévoiler la Conciergerie en proposant une visite augmentée et enrichie de ce monument situé au cœur de l’Île de la Cité. En effet, la Conciergerie présente un nouveau parcours révolutionnaire, mêlant des informations sur la Révolution, des dispositifs multimédias et un chantier des collections, qui sera disponible à partir du 14 décembre 2016. Les salles médiévales et révolutionnaires du monument ainsi que des espaces aujourd’hui disparus seront accessibles grâce à l’HistoPad, outil de médiation numérique permettant de remonter le temps grâce à la réalité augmentée, des reconstitutions 3D et des fonctionnalités interactives.

Reconstitution virtuelle à 360° de la Grand’Salle © Histovery

L’HistoPad est un dispositif de médiation numérique, qui permet au visiteur équipé d’une tablette tactile, de faire une visite immersive, enrichie, dans les espaces médiévaux et révolutionnaires de la Conciergerie. Grâce à des techniques de réalité augmentée, des reconstitutions 3D et des fonctionnalités interactives, ce dispositif ludique et immersif permet de mieux comprendre l’histoire du lieu et son sens historique.

L’HistoPad offre tout d’abord une présentation globale du monument, en image, au fil du temps. Grâce à un système de reconnaissance visuelle, le visiteur scanne des « Portes du temps » qui lui permettent de s’absorber dans le passé exactement au même endroit. Une reconstitution virtuelle à 360° soit de l’époque médiévale soit de l’époque révolutionnaire apparaît alors à l’écran. Des « zones interactives » permettent d’afficher des légendes dynamiques sur certains éléments caractéristiques de la pièce.

Source : Avec l’HistoPad, la Conciergerie propose une visite immersive et un nouveau parcours révolutionnaire

Complements (17.12.2016) :

Je vous invite à lire le billet d’Olivier Ritz, spécialiste de la Revolution, qui nous offre un très intéressant parcours critique du nouveau dispositif muséal réalisé à la Conciergerie incluant l’Histopad. Je relève :

La salle consacrée au tribunal révolutionnaire est sans doute celle qui réalise le mieux les ambitions historiques du nouveau parcours. Elle renseigne, elle nuance, elle explique: l’histoire y est en effet apaisée et critique. Cette salle exemplaire n’est pas isolée. Partout, jusque dans la maudite chapelle, les explications affichées sont de grande qualité. Mais je crains qu’elles ne pèsent pas lourds à côté du prestige de l’histopad et du martyre de Marie-Antoinette.

Concernant Marie-Antoinette, le dispositif tend, de manière fort contestable, à en faire une Sainte, une martyr :

À cet endroit l’histopad propose une sorte de diaporama de tableaux et de gravures, pour suivre la reine sur le chemin qui l’a menée de sa cellule à la guillotine. Suis-je le seul pour qui ces stations successives évoquent un chemin de croix ?

L’article : Voyages dans le temps à la Conciergerie | Littérature et Révolution

À l’école des humanités numériques | Atelier Canopé du 94

Le 9 décembre 2016, l’Atelier Canopé du Val-de-Marne proposait une introduction à la question des humanités numériques à l’École. Cette communication s’inscrivait dans le cadre de la construction de formations au numérique destinées aux enseignants des REP+ du Val-de-Marne.

Après avoir défini les humanités numériques dans le domaine de la recherche scientifique, l’Atelier Canopé du 94 déclinait leurs déclinaisons possible dans le domaine éducatif et scolaire. Pour l’Atelier Canopé du 94, l’apport le plus immédiat des humanités numériques pour l’enseignement

«consiste à ouvrir, par le numérique, les accès aux travaux de la recherche en matière de pédagogie. L’initiative de l’open édition ou édition ouverte, s’attache à publier dans un format ouvert et souvent gratuit les travaux proposés par les chercheurs, sous forme de carnets, de revues ou de livres numériques.»

En second lieu Les approches des humanités numériques sont une source d’inspiration et de réflexion pour l’école. Dans ce cadre,

«Il s’agit bien de dépasser la compréhension du numérique envisagé comme simple outil et de placer l’élève dans une démarche d’apprentissage par la pratique le : “learning by doing”.»

L’Atelier Canopé du 94 présentait ensuite des démarches concrètes

  • intégrer la démarche de recherche dans la classe à l’exemple de celle des saventuriers initiée par le CRI (Centre de Recherches Interdisciplinaires). Dans çet exemple, cette démarche de recherche repose sur 8 étapes clés1.
Les 8 étapes de la démarche scientifique. Source : https://twitter.com/profcoudert/status/802437824830210048
Les 8 étapes de la démarche scientifique. Source : https://twitter.com/profcoudert/status/802437824830210048
  • s’appuyer sur le travail en réseau pour notamment faire correspondre les élèves avec les chercheurs, créer des communauté d’enseignants et de classes (exemple du dispositif EMC, partageons ! http://emcpartageons.org).
  • la création de mini laboratoires d’humanités numériques dans les écoles en faisant produire aux élèves des cartographies ou des infographies numériques ou en enrichissant Wikipedia au travers de Wikimedia Commons.
  • valoriser une approche critique du savoir par l’analyse de controverses (à l’exemple du Cours Controverse – Esiee Paris : https://esieecontroverse.wordpress.com/controverse/cours-visualisation-et-cartographie-des-controverses/) pour développer chez les élèves une littératie numérique (lire/écrire avec le numérique).

Dans cet intéressant article, je retrouve donc une grande partie de mes propres réflexions en la matière tant des humanités numériques que de leur possible transfert dans l’enseignement d’une histoire 2.0.

L’article : À l’école des humanités numériques – Medium

  1. Ces 8 étapes peuvent être comparées à la démarche d’enquête développée dans le Plan d’études romand pour le domaine des Sciences humaines et sociales (SHS). ↩

Un juste, le courage de sauver des Juifs sous l’Occupation | Cases d’histoire

Dans Un Juste, Patrice Guillon raconte l’histoire d’Aurélie et Fernand Cénou, qui ont caché pendant deux ans, au péril de leur vie, toute une famille juive dans leur propriété lot-et-garonnaise. Et, c’est leur propre arrière-petit-fils, David Cénou, qui se charge d’illustrer l’hommage posthume rendu à ses aïeux par Myriam Lévy et le comité Yad Vashem1. Deux (belles) histoires de famille entrecroisées dans une chronique de la vie quotidienne au cœur de l’Occupation qui fait honneur à l’Humanité.

Une des planches inaugurales du récit.

La présentation de la Bande dessinée sur le site de l’éditeur :

«Après guerre, Myriam Lévy a choisi de tout oublier, l’horreur, la folie… Tout, y compris Fernand et Aurélie Cénou, le couple qui les cacha, elle et sa famille, pendant l’occupation allemande.

Prise de remords de n’avoir rien fait pour que le couple soit reconnu comme Justes entre les nations par l’État d’Israël, Myriam décide de réparer cette injustice…

C’est l’occasion pour elle de revenir sur sa propre histoire : sa rencontre avec son futur mari, Henri, son quotidien ainsi que celui de sa famille, juifs français obligés de se cacher pour survivre.

L’occasion également de découvrir Fernand et Aurélie, héros de l’ombre, qui n’avaient pas hésité à accueillir chez eux toute une famille juive malgré les risques encourus.

L’histoire émouvante de deux familles « liées pour l’éternité », soutenue par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et publié en partenariat avec l’Association Yad Vashem.»

Une oeuvre engagée qui est servie par l’utilisation sobres des aplats noirs et blancs de David Cénou.

Référence : Un Juste. Patrice Guillon (scénario). David Cénou (dessins). La Boite à Bulles. 160 pages. 18€

Lire le compte-rendu de Cases d’histoire : Un Juste, le courage de sauver des Juifs sous l’Occupation | Cases d’Histoire

Le site de l’éditeur avec d’autres comptes-rendus : http://www.la-boite-a-bulles.com/album-248-un-juste

  1. Depuis 1953, le comité Yad Vashem honore tous les Justes parmi les nations qui ont sauvé des vies juives de la barbarie nazie. Les personnes reconnues « Justes parmi les Nations » reçoivent un diplôme d’honneur ainsi qu’une médaille sur laquelle est gravée cette phrase du Talmud : « Quiconque sauve une vie sauve l’univers tout entier ». Au 1er janvier 2016, le titre avait été décerné à 26 119 personnes à travers le monde, dont 3 925 en France, et 33 dans le Lot-et-Garonne. ↩

« Quatorze récits d’Auschwitz », la force du témoignage | France culture

Troisième étape d’une série d’archives consacrée aux retours des camps. Quatorze survivants du camp d’Auschwitz livrent le récit de leur déportation. Ces voix, guidées par l’impérieuse nécessité de témoigner, retracent de manière saisissante une histoire aussi singulière que collective.

Henri Borlant (20.07.2002), 60ème anniversaire du 8ème convoi pour les camps• Crédits : BEP/FREDERIC GIROU/OUEST FRANCE ANGERS – Maxppp

Avant d’être diffusée sur France Culture en octobre 2002, cette série d’émissions a d’abord été conçue pour l’image. Entre 1991 et 1995, l’historienne Annette Wievorka a recueilli la parole d’environ cent-trente survivants des camps de concentration dans un dispositif sobre : un seul entretien filmé en studio avec une caméra presque fixe, sans effets. Les quatorze récits que l’on entend dans cette série ont en commun le camp d’Auschwitz-Birkenau.

Survivants du nazisme, ils acceptent de se confronter à l’innommable mémoire et disent publiquement, parfois pour la première fois, leurs souvenirs de déportation du camp d’Auschwitz. Comment raconter l’horreur passée, lorsque l’on veut oublier ?

Les récits audios : « Quatorze récits d’Auschwitz », la force du témoignage | France culture