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« A tous les Français » : l’affiche de Londres | L’histoire par l’image

De l’Appel du 18 juin au premier bulletin officiel des FFL

Le 18 juin 1940, Charles de Gaulle prononce à Londres un message radiophonique où il exhorte ses compatriotes à ne pas cesser le combat contre l’Allemagne nazie, inscrivant ce dernier dans un contexte de guerre mondialisée. Alors que le célèbre Appel diffusé sur les ondes de la BBC est peu entendu sur le moment, il est publié dans la presse française (Le Petit Marseillais, Le Petit Provençal, Le Progrès) le lendemain, puis repris ultérieurement par les radios et journaux étrangers.

Si elle reprend les mêmes arguments et répète certaines formules de cette déclaration, l’affiche « A tous les français » en est cependant une version différente. Suivant l’Appel, elle est d’abord tirée à 1 000 exemplaires dans la seconde quinzaine de juillet, puis placardée sur les murs de Londres et des grandes villes anglaises les 3 et 4 août. L’affiche est ensuite publiée (à côté du texte de l’Appel proprement dit) en première page du premier et unique numéro du Bulletin officiel des Forces françaises libres qui paraît à le 15 août 1940.

Edité à environ 10 000 exemplaires, le document ici étudié est surtout diffusé auprès des Français de Londres. Il joue cependant un rôle symbolique et politique très fort dans le contexte d’émergence, de structuration et d’organisation de la Résistance, en Angleterre comme en France.

Lire l’analyse et l’interprétation de l’image : « A tous les Français » : l’affiche de Londres | L’histoire par l’image

Référence : Alexandre SUMPF, « « A tous les Français » : l’affiche de Londres », Histoire par l’image [en ligne], consulté le 18 Juin 2016. URL : http://www.histoire-image.org/etudes/tous-francais-affiche-londres

Devoir de mémoire: anatomie du «plus grand mythe démocratique»

Se souvenir et commémorer n’empêche pas les tragédies de se répéter, explique l’historien Henry Rousso.

«La mémoire constitue sans nul doute le grand mythe contemporain des sociétés démocratiques modernes, une forme de conjuration contre la répétition des catastrophes de l’histoire récente dont on commence à voir les limites.» Henry Rousso brise ici le leitmotiv selon lequel se souvenir de son passé permet d’éviter sa répétition. Il paraît en effet difficile de contredire l’auteur puisqu’en 1994-1995, au moment où Jacques Chirac s’apprête à reconnaître la responsabilité de l’État français dans la déportation, le Rwanda et l’ex-Yougoslavie connaissent des situations de génocide.

L’ouvrage se présente sous la forme d’un recueil d’articles. Le «je» y est omniprésent, non pas à des fins narcissiques, mais dans une logique d’autocritique. Le propos remet en question les missions que nous octroyons à la mémoire. Souvent pessimiste, il ouvre cependant des pistes intéressantes, notamment pour en faire une question transnationale, puisqu’en nous concentrant sur nos mémoires nationales, nous risquons de créer les nouvelles causes d’un conflit.

Le compte-rendu de l’ouvrage http://ift.tt/1tyGzSv

Où sont les femmes ? Appel à contribution – HistoireEngagée

Appel à contributions

Bien que la volonté de mettre fin à l’invisibilisation des femmes et des féministes dans la discipline historique semble être une réalité tangible depuis quelques décennies, ces dernières y demeurent, toutefois, sous-représentées (M. Dumont, 2013; M-H. Brunet, 2013). Malgré l’effort de nombreuses historiennes, anthropologues, politologues et sociologues désirant mettre fin à cette problématique, un constat demeure : l’occultation des femmes des récits historiques. La prise en compte de celles-ci dans l’histoire et l’étude du féminisme, voire des féminismes, permettent de questionner autrement le passé, le présent et le futur sur une multitude d’aspects. Ainsi, HistoireEngagee.ca vous invite à proposer des articles de fond, de courts textes, des prises de position, des recensions ou des entrevues concernant l’histoire des femmes afin de rendre les femmes et les féministes sujets et actrices de l’histoire.

Marche pour la commémoration du 50ème anniversaire du droit de vote aux femmes, New York, 26 août 1970.

Les pistes de réflexion sont nombreuses; nous souhaitons qu’elles demeurent diversifiées et qu’elles s’inscrivent dans des champs spatio-temporels variés. Voici une liste non-exhaustive de thématiques pouvant être envisagées:

  • Nouvelles perspectives en histoire des femmes/histoire du genre/histoire genrée;
  • Histoire des féminismes;
  • Femmes et éducation(s);
  • Femmes et mouvements sociaux;
  • Femmes et immigration(s);
  • Femmes et sports;
  • Historiographies de l’histoire féministe;
  • Débats féministes et histoire(s)/l’histoire dans les études féministes;
  • Dialogues entre plusieurs générations d’historiennes féministes;
  • Représentations de figures féminines et féministes historiques dans la culture populaire (télévision québécoise, téléséries, films, jeux-vidéos, musique, littérature…);
  • Mémoire(s) de l’histoire des femmes;
  • Vulgarisation de l’histoire des femmes;
  • Etc.

Les propositions présentant un projet de contribution de 250 à 400 mots sont attendues avant le 15 juillet 2016, à l’adresse suivante : contributions@histoireengagee.ca. La mise en ligne finale des contributions est prévue pour octobre 2016. Vous trouverez de l’information sur nos balises de rédaction et directives de soumission en cliquant ici.

Source : Lien

Découvertes Archéologiques: Une pièce de jeu d’échecs rarissime découverte dans l’arrière cour d’un musée en Angleterre

Il s’agit de la plus petite pièce d’un jeu d’échecs arabe à être découverte dans le pays; elle a été mise au jour lors de fouilles archéologiques dans le Musée de Wallingford. D’autres pièces pourraient bien être retrouvées lors de prochaines fouilles qui auront lieu cet été.

Photo: Wallingford Museum

La minuscule pièce a été découverte lors des fouilles de l’arrière cour du musée. Une fois nettoyée, elle a été identifiée comme étant une pièce de jeu, très décorée avec des anneaux et des pointes.

« L’identification a montré que la pièce était une pièce d’échecs arabe du moyen âge. C’est l’une des 50 pièces médiévales de jeu d’échecs en Angleterre, et, avec ses 21.7mm de haut, elle est unique en étant la plus petite connue à ce jour dans le pays. » rapporte la conservatrice.

La suite de l’article : Découvertes Archéologiques: Une pièce de jeu d’échecs rarissime découverte dans l’arrière cour d’un musée en Angleterre

Lecture sur écran et papier : des processus d’apprentissage complémentaires

Souvent au cœur des préoccupations, la différence de qualité de lecture entre écran et papier est analysée une fois de plus. Une étude suggère en effet que les deux pratiques seraient en réalité complémentaires, parce qu’elles apportent chacune des éléments distincts aux lecteurs. Deux types de mémorisation et d’apprentissage seraient alors en jeu dans la collecte des informations de lecture.

Ainsi, en histoire, «concrètement, posent les scientifiques, si l’on souhaite se rappeler de dates pour des événements, l’écran d’ordinateur serait plus efficace. En revanche, pour retenir les raisons pour lesquelles un événement s’est déroulé, et à quel endroit, le papier sera plus pertinent !»

Par ailleurs, sans appréhender la stricte mémorisation ou l’apprentissage, il semblerait bien que la préférence pour le papier soit strictement subjective. «Dès 2011, des approches scientifiques tendaient à démontrer que la force de l’habitude jouait énormément dans le choix du support».

Lire l’article : https://www.actualitte.com/article/lecture-numerique/lecture-sur-ecran-et-papier-des-processus-d-apprentissage-complementaires/65448

Une étude se penche sur les films d’Henry Brandt réalisés pour l’Exposition nationale de 1964

Si plusieurs ouvrages ont paru à l’occasion du cinquantenaire de l’Expo 64, aucun ne s’est penché spécifiquement sur la fameuse série de courts-métrages réunis sous le titre La Suisse s’interroge et projetés dans la section La voie suisse, donc au cœur de l’Expo.

Et pourtant qui, parmi les visiteuses et visiteurs de celle-ci, a oublié le visage triste du petit garçon, au terme de l’ennuyeuse promenade dominicale en «bagnole», racontée dans le seul épisode de fiction, La course au bonheur ?

Lire le compte-rendu de l’ouvrage d’Alexandra Walther, La Suisse s’interroge ou l’exercice de l’audace, Lausanne, Antipodes, 2016, 124 pages par Pierre Jeanneret (Domaine Public) : Une étude se penche sur les films d’Henry Brandt réalisés pour l’Exposition nationale de 1964

Quelle place pour les Humanités digitales aux Journées suisses d’histoire à Lausanne ?

Depuis aujourd’hui jusqu’à samedi se tient la quatrième édition des «Journées suisses d’histoire». Cette année, ces journées ont lieu à l’Université de Lausanne. Dans un récent billet (Digital History delayed), Guido Koller, historien principal aux Archives fédérales Berne et spécialiste en histoire à l’ère numérique, souligne que si cette dernière existe en Suisse également, sa position n’est pas encore solide et que le programme de Journées suisses d’histoire en atteste avec seulement deux panels discutant explicitement des médias et des méthodes numériques.

Dans un premier panel, Jan Hodel, Mareike König et Nadine Fink présenteront, à l’aide d’études de cas, la façon dont les historiens travaillent avec les médias sociaux . Dans un second panel, Anne Jobin, Hannes Mangold, Stefanie Prezioso et Valérie Schafer présenteront la puissance des algorithmes dans les pratiques sociales historiques.

Cela illustre peut-être le scepticisme que Guido Koller constate, dans les pays de langue allemande pour sa part, au sujet de ces nouvelles méthodes. Scepticisme qu’illustre un récent article de Urs Hafner paru dans la Neue Zürcher Zeitung du 27 mai 2016 et dans lequel il est fait référence au récent livre publié par Guido Koller «Geschichte numérique – Historische Welten neu vermessen».

Pour notre part, nous aurons certainement l’occasion d’y revenir dans le cadre du panel avec Jan Hodel, Mareike König et Nadine Fink puisque j’y assurerai le commentaire/modération.

Complément (11.06.2016) : à ces panels, il faut encore ajouter à ces Journées des présentations flashs (voir la liste : https://www.journeesdhistoire.ch/127/flash-presentations.html) centrées les humanités digitales. Parmi ces présentations, on notera plus particulièrement celle de Frédéric Clavert sur les commémorations de la Première Guerre mondiale au travers de twitter (#WW1. Le centenaire de la Grande Guerre sur Twitter). Indiquons également que pour les organisateurs de ces Journées, les Humanités digitales faisaient partie des trois thématiques centrales du colloque (L’historien face aux Digital Humanities, le grand défi).

J’en profite pour présenter succinctement ce panel intitulé #Macht #SocialMedia #Erinerungskultur et ses intervenants. Au travers d’études de cas concrètes, Jan Hodel, Mareike König et Nadine Fink présenteront sous trois aspects différents et complémentaires l’utilisation et la place des médias sociaux dans les processus culturels de la mémoire historique et collective :

  • Jan Hodel interviendra sous l’angle des possibilités de recherches, via une analyse de discours, sur deux corpus provenant de médias sociaux (twitter principalement) : les débats en Grande-Bretagne sur les hausses des frais d’étude et les débats en 2015 autour des commémorations des 500 ans de la bataille de Marignan;

leon_vivien

 

  • Nadine Fink constate qu’à l’exemple des témoignages audiovisuels intégrés aujourd’hui dans les nouvelles expositions muséales ou à l’école, les modalités de transmission de l’histoire  se sont fortement modifiées au cours des dernières années. L’offre importante de nouveaux médias et de matériaux numériques permet de transmettre l’histoire de façon nettement plus diversifiée. Spécialiste des questions relatives à l’histoire orale, elle appuiera son intervention sur deux projets : les Archives de la danse et «Nous, les PTT».

https://vimeo.com/140680237

 

Dans chacun des cas, il sera possible de réfléchir à la culture mémorielle véhiculée par ces nouveaux médias et jusqu’à quel point ceux-ci tendent à concurrencer les discours historiques traditionnels ou dominants. Dans une autre perspective, les médias sociaux permettent-ils la circulation dans l’espace public de récits parfois conflictuels ou des exclus de l’histoire ? permettent-ils vraiment une pluralité de point de vue jusqu’à présent difficilement accessibles? Enfin, dans quelle mesure, les médias sociaux génèrent de nouveaux questionnements, renouvèlent ou non la forme de l’archive et proposent-ils de nouvelles formes de récit historiques ?

Concernant les participants à ce panel,

  • Jan Hodel est co-fondateur avec le regretté Peter Haber d’hist.net et travaille en tant que professeur d’histoire et de diactique à la Fachhochschule Nordwestschweiz (FHNW) à Bâle et Brugg;
  • Mareike König est bibliothécaire en chef et historienne du numérique (relations franco-allemandes au 19e siècle) au Deutsches Historisches Institut Paris.
  • Nadine Fink est chargée d’enseignement en didactique de l’histoire et éducation à la citoyenneté à la HEP Vaud à Lausanne.

Au niveau pratique, ce panel aura lieu le samedi 11 juin de 9:00 à 10:45 en salle 4078 de l’Anthropole (attention lieu modifié).

Les Musées de la civilisation : une institution publique ou un entrepôt numérique? – HistoireEngagée

De grossses inquiétudes voient le jour suite aux récentes décisions de démantèlement du service de la recherche et à la fermeture provisoire de la salle de consultation des Musées de la civilisation du Québec. La communauté scientifique se mobilise notamment au travers de la signature de cette pétition.

Une institution muséale publique sans service de recherche et dont les archives sont inaccessibles aux chercheurs peut-elle encore se targuer d’être un musée? Ne devient-elle pas un simple entrepôt avec des collections qui, bien que remarquables, auront tôt fait de tomber dans l’oubli, ne trouvant plus personne pour les interpréter et les mettre en valeur?

Ces questions se posent alors que les Musées de la civilisation de Québec (MCQ) ont procédé, le 1er avril, au démantèlement complet de leur service de la recherche et s’apprêtent, le 23 juin prochain, à fermer la salle de consultation de leurs archives. Dans ce dernier cas, les MCQ affirment que cette fermeture est provisoire, sans indiquer de date de réouverture éventuelle.

Au mardi 7 juin 2016, 507 signataires individuels et 18 organismes ont contresigné cette lettre.

Lire la pétition et la liste des signataires : Les Musées de la civilisation : une institution publique ou un entrepôt numérique? – HistoireEngagée

La réponse – peu rassurante – du directeur général Stéphan La Roche sur le blogue des Musées de la civilisation : http://blogues.mcq.org/blog/2016/06/07/archives-et-recherche-aux-musees-de-la-civilisation-des-inquietudes-du-milieu/

Photographie : Livres rares et anciens des collections et archives des Musées de la civilisation. Photo : Musée de la civilisation, 4133icono0055