«On savait le cinéma belge inventif et subversif, « Hitler à Hollywood » vient le confirmer. Le titre désoriente et provoque ? Le film aussi. Dès les premières images, le cinéaste bruxellois Frédéric Sojcher nous amène dans un voyage poétique, ludique et historique au pays du cinéma, de tous les cinémas.
Le scénario : lors du tournage d’un documentaire qu’elle entreprend sur la mythique actrice française Micheline Presle, la sémillante Maria de Medeiros retrouve la trace d’un cinéaste mystérieusement disparu à la fin de la Seconde Guerre mondiale, un certain Luis Aramcheck. Maria part aussitôt à la recherche de ce fameux cinéaste.
L’enquête se transforme bientôt en film d’espionnage et révèle un complot des studios hollywoodiens, bras culturel armé des Etats-Unis, prêts à tout pour exterminer la production cinématographique européenne post-45. Il fallait oser, Sojcher l’a fait. Et bien fait.»
Le 12 mars dernier, l’Italie fêtait le 150ème anniversaire de sa création et à cette occasion fut donnée, à l’opéra de Rome, une représentation de l’opéra le plus symbolique de cette unification: Nabucco de Verdi. Nabucco de Verdi est une œuvre autant musicale que politique : elle évoque l’épisode de l’esclavage des juifs à Babylone, et le fameux chant « Va pensiero » est celui du Chœur des esclaves opprimés. En Italie, ce chant est le symbole de la quête de liberté du peuple. En ce 12 mars, par la grâce de Riccardo Muti, il est devenu un manifeste culturel contre Silvio Berlusconi.
«Je n’ai plus 30 ans et j’ai vécu ma vie, mais en tant qu’italien qui a beaucoup parcouru le monde, j’ai honte de ce qui se passe dans mon pays. Donc j’acquiesce à votre demande de bis pour le “Va Pensiero” à nouveau. Ce n’est pas seulement pour la joie patriotique que je ressens, mais parce que ce soir, alors que je dirigeais le choeur qui chantait « O mon pays, beau et perdu », j’ai pensé que si nous continuons ainsi, nous allons tuer la culture sur laquelle l’histoire de l’Italie est bâtie. Auquel cas, nous, notre patrie, serait vraiment « belle et perdue».
Riccardo Muti
Puis Ricardo Muti invita le public à chanter avec le chœur des esclaves.
« J’ai vu des groupes de gens se lever. Tout l’opéra de Rome s’est levé. Et le chœur s’est lui aussi levé. Ce fut un moment magique dans l’opéra. »
Créé en 1842 à Milan par Verdi, Nabucco raconte la révolte et la souffrance des Hébreux exilés à Babylone par Nabuchodonosor. Lors de sa création, les patriotes de Jeune-Italie ont immédiatement considéré un de ses chants, «Va Pensiero», comme un hymne à la libération du territoire italien de ses oppresseurs autrichiens, et Verdi devient un acronyme: Viva Vittorio Emanuele Re d’Italia. Le «Va Pensiero» du Nabucco appartient depuis lors à l’imaginaire politique italien: c’est un chant de résistance autant qu’un chant national. Pour les Italiens, Va Pensiero c’est la Marseillaise + Le Chant des Partisans.
De Konrad Adenauer à Helmut Kohl, la CDU, parti chrétien-démocrate majoritaire dans l’Allemagne d’après-guerre, aurait bénéficié de financements occultes provenant du trésor caché des nazis. Le 1er juin, Arte diffusera « Le Système Octogon », documentaire signé Jean-Michel Meurice qui − censure oblige − dormait depuis trois ans sur les étagères poussiéreuses de la chaîne franco-allemande.
La bande annonce de la RTBF
Le documentaire a été tourné, programmé pour septembre 2008, puis… déprogrammé. C’est la branche allemande de la chaîne ARTE qui bloque la diffusion. Le documentaire dérange et les historiens allemands montent au créneau. Pour l’historien Marc Ferro la façon dont le documentaire révèle les accointances de Konrad Adenauer avec les nazis a dérangé historiens allemands :
«Les historiens allemands ont sorti leurs épées en voyant qu’on s’en prenait à Adenauer […] Je pense que ils se soulevaient parce que le film lève un tabou, après Hitler et le nazisme, Adenauer c’était l’intégrité, la pureté. Entacher Adenauer, c’était entacher toute l’Allemagne. C’était un film sacrilège.»
Mosfilm (en russe Мосфильм) est un très grand village cinématographique situé à Moscou (au lieu-dit des « Collines des moineaux »). C’est aussi une société de production cinématographique fondée en 1920, après la nationalisation des moyens de production soviétiques. Elle a donc produit la majorité des chefs-d’œuvres du cinéma soviétique, d’Eisenstein à Tarkovsky, et même co-produit Dersu Uzala d’Akira Kurosawa. Après une passe difficile dans les années 90 après l’effondrement de l’Union soviétique, elle reprend aujourd’hui de la vitalité. De plus, en collaboration avec Google, une cinquantaine des plus grands films soviétiques en version originale sous-titrée sont désormais mis en ligne gratuitement sur YouTube.
Mosfilm ajoute dans un communiqué que toutes les semaines cinq films supplémentaires seront mise à disposition sur sa chaîne www.youtube.com/mosfilm.
Plusieurs films cultes sont déjà disponibles: « Le soleil blanc du désert », un western transposé en Asie centrale sur les aventures d’un soldat soviétique; « Ivan Vassilevitch change de profession », une comédie sur un scientifique inventant une machine à remonter le temps; ou encore « L’ironie du destin » une comédie romantique sur les déboires d’un homme saoul le soir du Nouvel an.
Aujourd’hui, Mosfilm assure une grande partie de la production nationale en matière de cinéma, de télévision et de vidéo. Les studios disposent également de 13 plateaux de tournage d’une surface de 13.000 m2, ainsi que de nombreuses sections de production dans lesquelles exercent de nombreux spécialistes hautement qualifiés représentant plus de 200 métiers. Pour survivre dans un environnement de plus en plus concurrentiel, Mosfilm est même passé au numérique, même si pour le Figaro,
«le studio Mosfilm est à l’image du cinéma russe : à la pointe de la technique, mais en manque d’idées cinématographiques.»
Arrivé en Algérie, je vois tout de suite que je suis sur une terre à problèmes. Quatre cinquièmes des pères de mes élèves étaient pieds-noirs, et j’ai vu immédiatement que les Arabes ne comptaient pas à leurs yeux. Je préssens qu’il va y avoir un drame. C’est là qu’on dit que je suis communiste. Parce que le seul fait de critiquer la situation me faisait qualifier de communiste.
Dans son dernier billet, Larry Cuban s’inscrit en faux contre la résistance des enseignants au changement. Il pointe par contre des différences d’attentes, d’approche et de mesure du changement suivant que l’on soit responsable politique (éducatif) ou enseignant. Larry Cuban invite les responsables éducatifs à envisager leurs réformes à partir des trois questions que se posent les enseignants devant une innovation pédagogique. En définitive, Larry Cuban décrit les enseignant comme des pragmatiques sceptiques devant l’innovation.
Teachers and policymakers judge the worth of classroom changes differently
Policymakers determine the worth of proposed changes in curricular, instructional, and school practices on the criteria of organizational effectiveness, efficiency, and equity. Teachers accept, modify, and reject innovations and mandates on the basis of similar criteria but with the focus on students and classrooms. In doing so, they ask substantially different questions than policymakers who focus on the system, not individual classrooms.
Called the “practicality ethic ,” teachers ask:
1. Will the innovation or change directly help me solve learning and teaching problems I face now, not problems someone else has defined?
2. If the change helps me, how much of my time and energy will the innovation take to learn in order for students to benefit?
3. How can I adapt the change to fit my particular students?
Few designers of innovative programs or policymakers who adopt changes consider such practical questions that teachers, the implementers of the change, ask. Pity.
Teachers do adopt changes but they are, and will be, skeptical pragmatists of classroom-directed policies, not “stone-age obstructionists” all too often blamed for reforms failing (practicality ethic, p.3).
L’Agence nationale des Usages des TICE présente un témoignage très intéressant d’un prof et de ses élèves du primaire concernant l’emploi en classe de tablettes tactiles (iPad).
Alain Jourdan, professeur des écoles, participe à une expérimentation de tablettes tactiles conduite par la mission TICE et le CRDP de l’académie de Grenoble en liaison avec la DGESCO, avec ses élèves de CM2 de l’école des Dauphins de Bernin 38.
Voici une excellente initiative du syndicat Sgen-CFDT que ce colloque intitulé «Le numérique : quelle Ecole? quels enjeux?», organisé le 18 mai 2011 à Paris.
Et d’abord, une première évidence pour le syndicat:
« Le numérique n’est pas une baguette magique qui permettrait d’imposer en un seul clic un changement du système éducatif »
Ensuite, le syndicat envisage de la manière suivante la réflexion sur l’usage du numérique à l’Ecole:
« Pour le Sgen-CFDT, l’usage du numérique à l’Ecole est d’abord affaire de pédagogie en ce sens qu’il doit participer d’une démarche d’acquisition de connaissances et de compétences. L’oublier réduit ces outils à la dimension de gadgets, sympathiques mais très vite abandonnés. Le comprendre conduit à cette évidence que l’élément central de ces évolutions, ce sont les enseignants ».
Le colloque propose deux tables rondes :
Comment l’outil numérique modifie-t-il le travail des personnels en dehors de la classe (ENT, espaces collaboratifs, etc.)?
Le numérique pour transformer l’école.
Le blog qui accompagne ce colloque propose déjà une série de contributions et de témoignages d’enseignants fort intéressante comme «Profs et étudiants, amis sur Facebook?».