Colloque : Histoire et littérature, regards croisés (26-28 mai 2011)

L’Institut français d’éducation organise un colloque international qui se déroulera du 26 au 28 mai 2011 à l’IFÉ à Lyon. Ce colloque questionnera les relations entre histoire et littérature(s) et interrogera l’épistémologie et l’enseignement de deux disciplines connexes ou rivales parfois.

Cette manifestation s’articulera autour de trois axes :

  • AXE 1. Littérature et histoire, continuités de l’interdisciplinarité
  • AXE 2. Les corpus : du cours de littérature au cours d’histoire et retour…
  • AXE 3. Entre histoire et fiction : la fabrique du réel

Parmi les communications prévues et le programme fort riche, je signale plus particulièrement:

  • Marie-France Rossignol et Brigitte Marin, université de Paris-Est-Créteil, IUFM : Enseigner l’humanisme et la Renaissance en français et en histoire, un commerce équitable ?
  • Kahina Bouanane, université d’Oran (Algérie) : La construction du réel entre contenu historique et trame narrative ?
  • Maryse Vuillermet, université Claude-Bernard Lyon 1, IUFM : Albums et problématiques historiques : comprendre l’histoire et ses enjeux ?
  • Catherine Jorgensen, université Montpellier 2, IUFM : Le personnage historique dans le roman du XIXe et XXe siècles
  • Patricia Victorin et Thomas Granier, université Paul Valéry Montpellier 3 : La « fabrique du chevalier » : apport de l’histoire et de la littérature médiévales
  • Laurent Bazin, université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines : Didactique du possible : place de l’uchronie dans l’enseigne- ment des lettres et de l’histoire
  • Jean-François Py, université Claude-Bernard Lyon 1 : Fiction/peinture/histoire
  • Solveig Lepoire et Angelina Ogier, université Claude-Bernard Lyon 1, IUFM : Lecture interdisciplinaire d’un roman historique
  • Sylvie Brodziak, université de Cergy-Pontoise : L’écriture fictionnelle du retour : quelles traces pour l’histoire ?
  • Dominique Briand et Gérard Pinson, université de Caen Basse-Normandie, IUFM : Du roman à son adaptation cinématographique, du film à l’enseignement de l’histoire de la Grande Guerre à partir du roman
  • Pierre Bessagnet, université Toulouse 2 – Le Mirail, IUFM : Didier Daeninckx : écrire en franc-tireur pour garder trace des oubliés de l’Histoire

Pour l’ensemble du programme et les inscriptions (jusqu’au 22 mai 2011), le site de l’IFÉ de Lyon : Histoire et littérature, regards croisés : enseignement et épistémologie.

Sortez vos tablettes, aujourd'hui cours…

Pour Fabrice Comte, la tablette « génère de l’intérêt pour le cours, beaucoup plus que le manuel. Dans une salle ordinaire, à tout moment, elle permet de travailler sur un texte en temps réel, de trouver dautres textes argumentatifs qui illustrent un avis ou en prennent le contrepied. »  Mais nest ce pas la mort de la littérature ? « Je pensais quon ne pouvait pas lire un texte long sur un écran. », nous confie-t-il. « Mais sur la tablette il y a un grand confort de lecture, cest très différent d’un écran dordinateur. On peut télécharger des oeuvres et je pense que ça peut amener des élèves à la littérature. Ca ne vas pas régler tous les problèmes des élèves. Mais cest un outil intéressant dautant que les élèves sont déjà utilisateurs »

Au-delà de l’effet motivationnel qui ne manquera pas d’estomper l’intérêt des élèves au moment de sa généralisation, l’expérience telle que décrite tendrait à démontrer d’autres avantages qui en font un outil intéressant et durable pour l’enseignement : proximité avec les outils qu’utilisent les élèves en dehors des cours, souplesse d’utilisation, faible poids, disponibilité ou autonomie par exemple. Encore faudra-t-il que les élèves puissent l’utiliser pour des démarches de cours recourant aux ressources numériques présentes sur l’Internet. Or, certains établissements interdisent les connexions internet via des téléphones mobiles…

via Sortez vos tablettes, aujourdhui cours de français….

Turquie : on commémore le début du génocide arménien

Pour la deuxième année consécutive, des manifestations ont commémoré, en Turquie, le «24 avril 1915», début du génocide des Arméniens de l’Empire ottoman. Mais cette année, ces manifestations ne sont pas restées circonscrites à Istanbul, cinq autres villes (Ankara, Bodrum, Bursa, Diyarbakır et Izmir), ont accueilli des commémorations similaires.

Pour le blog Observatoire de la Vie Politique Turque :

«Cette évolution est sans doute le résultat des mutations politiques qui se sont produites au cours de la dernière décennie, et qui ont vu la société turque remettre en cause ou tout au moins questionner un certain nombre de tabous de l’Histoire officielle.»

Et on ne peut que s’en réjouir.

viaLe « 24 avril 1915» commémoré pour la deuxième année consécutive en Turquie. | Observatoire de la Vie Politique Turque.

Pourquoi avons-nous besoin de prédictions? | OWNI, Digital Journalism

“il est étrange de constater comment les événements prennent un sens tout à fait logique avec le recul – et la frustration que ce constat engendre depuis des temps immémoriaux”.

nous indique  Stacy Schiff (site) [en], l’auteur de La grande improvisation : Franklin, la France et la naissance de l’Amérique dans le dossier réalisé récemment par le New-York Times dans un passionnant débat en ligne, qui revenait, 80 ans après avoir invité huit innovateurs des années 1930 à prédire la vie en l’an 2000, sur la question de notre avenir :  Qu’est-ce qui nous pousse à prévoir l’avenir ?

Pour Owni (et après l’avoir publié sur InternetActu), Hubert Guillaud nous en fournit une superbe synthèse et de magnifiques extraits.

Pourquoi avons-nous besoin de prédictions? » Article » OWNI, Digital Journalism.

La tyrannie du temps de l’école | Educavox

J’ai vu des dizaines et des dizaines d’excellents enseignants devenir moins bons, voire pire, à partir du moment où ils ne regardaient plus les enfants mais leur montre.[…]

Le meilleur pédagogue engagé dans une séquence de travail sur le modèle de la résolution de problèmes, de l’auto-socio-construction des savoirs, était capable de basculer en quelques secondes dans le questionnement inducteur fermé si répandu et dans l’explication magistrale, faisant perdre tout le bénéfice de la première partie de la séquence à ses élèves soudainement bousculés par la montre.

Il y a des billets qu’on aurait voulu écrire. Celui-ci en fait indéniablement partie. Merci, une nouvelle fois, à Pierre Frackowiak.

via La tyrannie du temps de l’école – Educavox.

Café histoire du 12 March 2011

Samedi 12 mars, entre 9h00 et 12h30, le Cléo participera à une table ronde de la Société…

Certaines formes de mobilisation féminine du “printemps arabe” semblent révéler des invariants…

Femmes et Révolutions | OWNI, Digital Journalism

Certaines formes de mobilisation féminine du “printemps arabe” semblent révéler des invariants intemporels. Comme les Françaises des journées d’Octobre 1789, une partie des femmes du Maghreb se sont mobilisées contre le prix du pain. Comme les patriotes américaines qui rejoignaient les campements de l’armée révolutionnaire pendant la Guerre d’Indépendance entre 1775 et 1783, certaines Cairotes se sont employées à soigner les blessés de la place Tahrir.
Aux yeux des hommes, ces actions sont rassurantes : les femmes de tout temps et de tout pays sont ainsi réduites à des vertus nourricières et curatives, associées à l’ « éternelle » fonction maternelle.

Le roi et le photographe | Sous le capteur l'image

Alors que la photographie du roi Georges VI prononçant son discours est une mise en scène où le roi mime son discours et non pas une photographie prise dans le «feu de l’action», Grégory Divoux nous précise que cela n’est pas anodin.

Photographie du roi Georges VI présenté comme s'adressant à la nation le 4 septembre 1939 au micro de la BBC © Hulton-Deutsch Collection/CORBIS
Photographie du roi Georges VI présenté comme s'adressant à la nation le 4 septembre 1939 au micro de la BBC © Hulton-Deutsch Collection/CORBIS

En effet,

« en 1939, les conditions du reportage “moderne” sont réunies : les appareils photographiques plus légers et les pellicules permettent aux photographes d’être au plus près des événements, quant aux journaux illustrés, ils permettent à leurs images d’être diffusées. Au moment où le roi Georges VI prononce son discours, Capa a par exemple déjà couvert la guerre d’Espagne, Leica en bandoulière. Les deux systèmes d’énonciation de la photographie coexistent donc mais dans les deux cas la photographie est bien présentée comme témoignage au monde. Là où la radio est bien vue comme le moyen de toucher directement, instantanément et en direct des millions de personnes, la photographie est déjà reléguée à un rôle accessoire dans l’information, soumise à un ensemble de contraintes, à toute une chaîne d’énonciation qui font du photographe un simple rouage d’une machinerie qui le dépasse. D’un côté il est pris entre le commanditaire de l’image, en l’occurrence le roi, et la façon dont on diffuse les images qu’il produit. Et cette dialectique de la photographie construite mais offerte comme document n’est pas seulement un vestige du passé : l’image réalisée après le discours du roi Georges VI es bien encore aujourd’hui utilisée comme illustration de ce discours, comme sur les site Internet du Guardian et de Courrier International (voir ci-dessous) ; c’est même bien ainsi qu’elle est diffusée par Corbis. Aujourd’hui la télévision a remplacé la radio comme canal de diffusion des discours des chefs d’État ; quant à la photographie, 70 ans plus tard, elle est toujours présentée comme ce document devant coller aux faits quand bien même elle n’est qu’une construction.»

via Le roi et le photographe | Sous le capteur l’image.

Le métier d’historien à l’ère numérique : nouvelles pratiques, nouvelle épistémologie ? | L'édition électronique ouverte

Samedi 12 mars, entre 9h00 et 12h30, le Cléo participera à une table ronde de la Société d’Histoire Moderne et Contemporaine (SHMC).

Présentation :

En quoi les outils numériques changent-ils notre manière de travailler ? Il ne s’agit pas ici de revenir sur les rapports entre informatique et histoire, mais bien plutôt de s’interroger sur la manière dont cet outil nouveau qu’est l’ordinateur-portable-relié-à-internet a révolutionné le métier d’historien, depuis moins de vingt ans.

Invités :

Jean-Luc Pinol (ENS Lyon) : « Construire une infrastructure des services numériques pour les SHS »

Emilien Ruiz (EHESS) : « Les transformations du métier d’historien à l’ère du numérique : retour d’expériences »

Pierre Mounier (CLEO/Revues.org) : « Les carnets de recherche en ligne, espace d’une conversation scientifique décentrée »

Yann Potin (Archives nationales) : « Institutions et pratiques d’archives face à l’ère de la numérisation : expériences et malentendus »

Bruno Latour (Sciences Po) : « Comment le numérique repose quelques questions classiques de l’historiographie ».

Eric Brian (EHESS) : « Incidences du numérique sur la division du travail historique »

Informations pratiques :

Samedi 12 mars 2011, 9h.-13h30 (avec pause café-croissants)
ENS, salle Dussane, 45 rue d’Ulm, 75005 Paris (RER Luxembourg)

Crédits photographiques : Old style way, par BrunoDelzant en cc by-nc-sa 2.0 sur Flickr