Comment continuer à vivre dans un pays hostile ? Telle est la question posée par l’historienne Audrey Kichelewski à l’aune de l’histoire des Juifs en Pologne depuis la fin de l’Holocauste.
La présentation de l’ouvrage par l’éditeur :
Entre 1939 et 1945, le meurtre systématique de près de 90 % de plus de trois millions de Juifs polonais laisse exsangue l’une des communautés juives les plus florissantes du monde d’avant-guerre. Les dizaines de milliers de survivants font alors face à l’incompréhensible : la persistance d’un antisémitisme après Auschwitz. Craignant leurs voisins polonais mais fuyant aussi le nouveau régime socialiste, plus de la moitié des juifs rescapés choisirent les chemins de l’exil. Que devinrent ceux qui restèrent dans une Pologne devenue communiste ? Ce livre retrace l’histoire oubliée de ces survivants et de leur descendance, à travers la manière dont ils ont été perçus par la société et les autorités polonaises. Entre assimilation systématique, efforts pour préserver la mémoire juive et rejet récurrent lors de soubresauts à caractère antisémite, les débats demeurent toujours vifs sur les relations polono-juives.
Extraits de la recension de Nonfiction.fr
A la sortie de la Deuxième Guerre mondial, outre le deuil, qui plus est dans un pays en ruines – la Pologne ayant à déplorer la mort de 6 millions de citoyens dont plus de 3 millions de Juifs polonais –, les communautés juives polonaises sont immédiatement rejetées à leur retour. En plus des 60 000 Juifs qui se sont cachés ou ont survécu pendant la guerre, 350 000 Juifs rentrent d’URSS où ils avaient été évacués lors de l’invasion du pays par l’Allemagne nazie.
Confrontés à des questions inquisitoriales sur le fait d’avoir survécu, les Juifs polonais subissent, au même moment, les violences antisémites de nationalistes polonais motivées et justifiés par l’antijudaïsme chrétien.
Ces violences ont une double conséquence. La première est le départ de Pologne d’une partie des Juifs principalement vers Israël et, plus marginalement, vers le monde occidental (France et Etats-Unis). La deuxième voit l’utilisation de ces violences par le pouvoir communiste comme prétexte afin d’élargir le spectre de la répression à toutes les formations non communistes en Pologne, quand bien même elles n’étaient pas systématiquement antisémites.
Source : Les Juifs en Pologne après Auschwitz – Nonfiction.fr le portail des livres et des idées